Silvio Berlusconi a démissionné de ses fonctions de Président du conseil italien ce 11 novembre. Son dernier mandat, de 2008 à 2011, aura été marqué par un refus systématique de faire avancer les droits LGBT, ainsi que par de nombreuses attaques ou moqueries homophobes. Retour sur quelques uns des faits qui ont marqué ses trois dernières années au pouvoir.

Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce et douteuses (il a utilisé le mot « bronzé » pour qualifier Barack Obama), Berlusconi s’en est souvent pris aux homos, déclarant ainsi « Mieux vaut avoir la passion des belles femmes qu’être gay ». Arcigay l’association LGBT italienne, avait alors exigé des excuses publiques. En pure perte. Le « Cavaliere » s’était même permis d’en rajouter une couche lors d’un meeting avec cette petite phrase:  « En chacun de nous, il y a 25% de part d’homosexualité, c’est mon cas aussi sauf qu’après un examen attentif, j’ai découvert que la mienne est lesbienne ».

« PAS DE MARIAGE ET D’ADOPTION TANT QUE JE SERAIS AU POUVOIR »
Côtés droits, Berlusconi avait promis qu’il n’y aurait « Pas de mariage ou d’adoption pour les homosexuels tant qu'[il serait] au pouvoir ». Il a tenu parole. Les couples italiens ne peuvent toujours bénéficier d’aucun contrat de reconnaissance et les députés italiens ont rejeté toute tentative de créer des lois pour lutter contre l’homophobie, au motif ironique que « les homosexuels sont des citoyens comme les autres » et n’ont donc pas à bénéficier de mesures législatives particulières. La ministre de l’Égalité des chances a même fait disparaître en douce les LGBT de la liste des personnes pouvant être discriminées. Conséquence: l’Ilga (International lesbian and gay association) a placé l’Italie tout en bas de son classement des pays dans le domaine de la lutte contre l’homophobie. Partant de là, est-ce totalement un hasard si la ville de Rome a été le théâtre d’une escalade de la violence homophobe fin 2009?

L’HOMOPHOBIE COMME ARME POLITIQUE
Au delà des provocations destinées à amuser la galerie, Berlusconi et son parti n’ont jamais hésité à se servir de l’homophobie comme d’une arme politique. Son camp avait ainsi brandi la menace d’une « invasion » LGBT si jamais la gauche gagnait les élections municipales de mai 2011 (Lire Italie: Les villes tournent le dos à Berlusconi après une campagne électorale raciste et homophobe ), allant même jusqu’à déclarer que Milan deviendrait « La Mecque des gays ». Discours visiblement contre-productif puisque la gauche avait gagné ces élections et Milan, en particulier (qui n’est pas devenue la Mecque des gays, depuis). Satisfait mais se gardant de tout triomphalisme, Daniele Nardini, le rédacteur en chef de Gay.it nous confiait alors: « Plusieurs fois, la Gauche a dit que Berlusconi était fini alors que ce n’était pas le cas. ». Et ne se  faisant aucune illusion sur le chef du gouvernement et ses alliés: « Tant que Berlusconi sera au pouvoir, la Droite restera homophobe. »

Berlusconi est maintenant parti. Les homos, les bis et les trans italiens peuvent-ils espérer enfin une embellie? Avec ou sans Berlusconi, tant que la droite restera majoritaire au Parlement italien, rien ne semble moins sûr.