Philippe Karadayan a créé avec deux associés, Twogayther, lancé en 1999. Unique club de rencontres gays et lesbiens, la société cherche aujourd’hui à diversifier son offre. Interview.

Philippe, quel a été votre parcours?
J’ai été formé à l’École supérieure de gestion, puis j’ai travaillé en agence de publicité. En 1999, avec deux autres personnes, j’ai lancé Twogayther.  Il n’existait pas à l’époque de club de rencontres pour les gays et les lesbiennes. Nous pensions que ça correspondait à une demande et ça s’est révélé exact.

Que proposez-vous?
Le service principal est de mettre en contact des personnes, sur un plan individuel, qui se correspondent en critères personnels: tranche d’âge, loisirs communs, région.

Mais les rencontres se font de plus en plus sur Internet?
Nous proposons un  service qui est très différent. Par rapport aux lieux identitaires, par rapport à internet, où les rencontres peuvent être brèves, ce que viennent chercher nos adhérents, c’est le service. Les gens ne veulent pas perdre de temps et veulent que l’on sélectionne pour eux en fonction de critères précis. Nous ne sommes pas une agence matrimoniale, ils ne viennent pas pour se caser. Notre but, c’est de provoquer de belles rencontres, la suite, c’est à eux de l’inventer.

Internet, c’est la gratuité quand votre service est payant?
Gratuit si ça ne marche pas, je ne vois pas l’intérêt. Ce n’est pas une concurrence pour nous. Les gays et les lesbiennes viennent chercher le gain de temps, l’assurance de rencontrer des gens avec qui partager des affinités. Les gens sont prêts à payer pour la qualité.

Pourquoi diversifiez-vous votre offre?
Nous suivons les demandes de nos adhérents. Nous voulons créer un esprit de club: pouvoir se retrouver et rencontrer de nouvelles personnes. Nous proposons maintenant des dîners, des soirées cocktails, et nous lançons notre première soirée théâtre le 4 décembre. Ça plait beaucoup. Le but n’est pas de créer une mégastructure. Nous organisons des dîners de 25 personnes. On pourrait réunir 50 participants mais au détriment de la qualité. Notre but est de créer le club de rencontres le plus convivial qui soit.

Y-a-t-il des demandes différentes entre hommes et femmes?
Pas vraiment.

Avez-vous été touché par la crise?
Nous avons subi la crise de la presse écrite, ce qui nous a conduit à diversifier nos circuits de communication, en utilisant internet. Mais la crise économique ne nous a pas impactés.