L’intention des auteurs de Bref est bonne: parler du dépistage est toujours une bonne chose. Surtout quand on est une série qui cartonne sur Canal+ et qui compte 1,3 million de fans sur Facebook. Mais de l’intention au résultat, attention aux bonnes idées qui font fausse route.

«PLAN CUL RÉGULIER»
Tout va très vite dans Bref, c’est le principe même de cette tranche de vie racontée en moins de deux minutes. Au début de l’épisode intitulé J’ai fait un dépistage, diffusé le 3 novembre dernier, le héros, joué par Kyan Khojandi, est avec son «plan cul régulier», Marla. Ils sont en train de baiser quand il s’arrête: la capote a pété. Marla lui demande d’aller faire un test. Je vous laisse découvrir la suite… Mais là où c’est un peu problématique, c’est que dans la vraie vie, les deux auraient dû aller faire un test. Et même mieux, les deux auraient dû envisager une autre stratégie. Je m’explique.

TRAITEMENT POST-EXPOSITION
Si Marla demande à son «plan cul régulier »» d’aller faire un test, c’est, selon toute vraisemblance, parce qu’ils ne se sont jamais parlés de leur statut sérologique respectif. Marla a raison de se préoccuper du statut sérologique de son «plan cul régulier». Les femmes ont plus de risque d’être contaminées par leur partenaire masculin séropositif que l’inverse. Mais si le «plan cul régulier» est déjà séropositif, ce que Marla veut savoir puisqu’elle lui demande d’aller faire un test, elle court un risque et sans attendre le résultat du test, elle doit aller aux urgences tout de suite (et au plus tard dans les 48 heures) pour demander le traitement post-exposition. Ils doivent d’ailleurs y aller tous les deux, c’est encore mieux, pour évaluer les risques et savoir s’il est judicieux de prendre le traitement.

Bref, si la capote craque, le meilleur réflexe est d’aller aux urgences pour recevoir le traitement post-exposition. Et ce qui vaut pour les hétérosexuels est tout aussi judicieux pour les gays. Quant au dépistage, rappelons qu’avec le test classique, il faut compter 15 jours à 3 semaines après le rapport sexuel à risque (trois mois avec le test rapide), pour savoir si on a été infecté par le VIH. Donc si le héros de Bref voulait savoir s’il a été infecté lors de cette prise de risque, c’est bien trop tôt pour le savoir et le bon réflexe serait là encore d’aller aux urgences, etc.