Si l’annonce de l’introduction de la famille homoparentale au programme des Terminales L n’a finalement, pour l’instant, fait que peu réagir (Christine Boutin sur i-Télé, Jacques Myard sur France Télévisions et TF1…), il n’en va pas de même pour le jugement du TGI de Bayonne, autorisant le partage de l’autorité parentale entre une mère et sa compagne (lire Homoparentalité et autorité parentale: «un revirement de jurisprudence»? [Sud Ouest]), qui est pourtant loin de bouleverser la donne.

Parce qu’il faut, semble-t-il, toujours donner la parole à Christine Boutin lorsqu’un sujet touche à l’homosexualité, Canal + a invité la présidente du Parti chrétien démocrate à débattre avec Alexandre Urwicz, co-président de l’Association des familles homoparentales (ADFH) et la pédopsychiatre Gisèle Georges. C’était hier, jeudi 3 novembre, dans l’émission La Nouvelle Édition, autour du thème: «La famille homoparentale se banalise-t-elle?».

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De leur côté, deux députés UMP, Philippe Meunier (Droite populaire) et Philippe Gosselin (Droite humaniste) ont appelé le gouvernement à «prendre ses responsabilités». «Après la théorie du genre cet été et l’étude de l’homoparentalité inscrite au programme des terminales L, un jugement s’attaque aux valeurs de la famille», s’indignent-ils dans un communiqué cité par l’AFP. «L’accumulation, en quelques semaines, de ces nouvelles finit par être plus que problématique!, poursuivent-ils. Par touches successives, c’est le droit et la place de la famille qui sont remis en cause. Si le débat peut avoir lieu, il est inadmissible qu’il se fasse ainsi en catimini et de façon insidieuse par des groupes militants.»

«Nous appelons donc le gouvernement à prendre ses responsabilités très rapidement, concluent-ils. Les présidentielles se gagneront aussi sur les questions de société et les valeurs.»

Réponse quasi-immédiate de Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS chargée des questions de société: «La droite, qu’elle soit populaire ou humaniste, peut bien estimer qu’il s’agit d’une «attaque contre les valeurs de la famille», cette décision de justice n’en reste pas moins une avancée importante pour l’égalité des droits entre les citoyens, et la protection des enfants vivant aujourd’hui dans des familles homoparentales». «L’interprétation et l’application de la loi par la justice française dans cet esprit d’ouverture et de progrès reste insuffisante: c’est au législateur de prendre ses responsabilités, souligne-t-elle.C’est pourquoi, dès son retour aux responsabilités nationales, le Parti socialiste s’engage à reconnaître et à protéger l’ensemble des familles, et à permettre à tous les citoyen-ne-s d’accéder enfin aux mêmes droits, et aux mêmes responsabilités de parents. Le candidat Nicolas Sarkozy s’était engagé le faire: il n’a pas tenu ses engagements.»

L’un des groupes militants sans doute visés par le communiqué des 2 députés UMP, l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) s’est félicité, du «petit pas vers la reconnaissance de l’homoparentalité» que représente le jugement de Bayonne. «Outre la fragilité de cette décision qui peut être frappée d’appel par le Parquet, elle ne confèrera en rien le statut de parent à cette femme qui n’est que délégataire, pour certains droits et devoirs de la vie courante, de l’autorité parentale de sa conjointe qui ne lui est pas attribuée en propre», rappelle l’association.

Via & BraiseZ.

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