Miss Promesses (photo) n’est pas contente et elle l’a fait savoir aux dirigeants des pays les plus riches de la planète, réunis à Cannes pour le G20. Elle n’est pas contente car Sarkozy, Merkel, Obama et consorts s’étaient engagé-e-s dans la lutte contre l’épidémie de sida et les autres grands fléaux. Ainsi 2010 devait être l’année de l’accès universel aux traitements contre le sida, avaient promis les dirigeants du G8 en 2005 (l’ancêtre du G20, qui regroupait les huit pays les plus riches du monde).

UN MILLION DE MORTS FAUTE D’ACCÈS AUX TRAITEMENTS
Selon Aides, qui a organisé le happening de Miss Promesses dans la salle de presse du G20 ce jeudi 3 novembre, le manque de traitement a coûté la vie à un million de personnes, mortes du sida faute d’accès aux antirétroviraux. En 2011, deux malades sur trois ne sont pas pris en charge et le sida fait chaque jour 7000 morts supplémentaires. Pourtant, de nombreuses études démontrent que l’accès aux traitements est un investissement pour l’avenir. Selon une étude du Lancet, pour 22 milliards de dollars d’investissements annuels jusqu’en 2020, les vies sauvées et les contaminations évitées garantiraient chaque année près de 30 milliards de dollars de ressources supplémentaires aux pays en développement.

Le Conseil national du sida a publié une note valant avis pour demander la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Dans son communiqué, le Conseil explique pourquoi ces investissements innovants sont nécessaires: «Pour la première fois dans l’histoire de la lutte contre le VIH/sida, il est démontré que l’opportunité de faire régresser l’épidémie mondiale de sida existe. En effet, on sait aujourd’hui que le traitement des personnes infectées réduit très fortement le risque de transmission à autrui. L’accès le plus large possible au dépistage et au traitement pour les personnes qui en ont besoin est le moyen décisif d’enrayer la dynamique de l’épidémie. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le développement massif des programmes de prévention, dépistage et d’accès au traitement peut permettre d’éviter la moitié des 62 millions de nouvelles contaminations prévues entre 2005 et 2015».

Après leur rencontre, en présence d’autres ONG avec le président de la République Nicolas Sarkozy, le mercredi 2 novembre, à la veille du G 20, Act Up-Paris et Sidaction, «regrettent que la présidence française et le G20 de Cannes ne conduisent pas les chefs d’États des pays les plus riches et émergents de prendre des engagements chiffrés concrets pour financer l’accès aux traitements».

Mais beaucoup craignent que la lutte contre l’épidémie de sida soit sacrifiée sur fond de crise de l’euro, qui semble l’unique sujet de préoccupation des grands de ce monde.