Pascal Barbarin

Trop c’est trop. Des rassemblements sont prévus ce samedi à 15 heures dans plusieurs villes de France pour protester contre les trop nombreuses agressions homophobes, lesbophobes et transphobes.

C’est en apprenant le meurtre de Stuart Walker, en Écosse, sur le groupe de soutien au chanteur Monis sur Facebook que Pascal Barbarin, un salarié de Aides, également membre de la chorale Podium Paris, a eu l’idée de ces rassemblements.

«J’en ai ras-le-bol, explique-t-il, nous sommes trop souvent classés dans les faits divers, personne ne prend la parole au niveau européen ni mondial. On n’entend le gouvernement que quand un policier est blessé. Les crimes homophobes sont des crimes gratuits et tout le monde s’en fout.»

«IL FAUT QU’ON DESCENDE DANS LA RUE»
«Ce jour-là, poursuit-il, je me suis dit “assez, il faut qu’on descende dans la rue”. Et tout le monde sur la page m’a suivi. On a choisi cette date parce que dans ces cas-là il ne faut pas attendre, on ne voulait pas attendre le 17 mai et la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, même si c’est une journée où il faudrait aussi descendre dans la rue.»

PARIS, LILLE, DIJON, NANTES ET MONTPELLIER
L’idée d’organiser des rassemblements simultanés dans plusieurs villes a tout de suite été bien accueillie. Paris, Lille, Dijon, Nantes et Montpellier ont commencé à s’organiser. À Paris, une manifestation contre les violences faites aux femmes a lieu à la même heure, place de la Bastille, «mais les deux événements sont complémentaires», remarque Pascal Barbarin. À Nantes et Montpellier, aucun rassemblement officiel n’est finalement prévu, pour diverses raisons, mais une manifestation informelle devrait néanmoins avoir lieu à Nantes, à l’appel du collectif Divergens, à 18h, place Royale. À Paris, le rendez-vous est donné à 15h place de la République (près du manège), à Lille place de la République également et à Dijon devant la mairie.

Le message a circulé très vite grâce à Facebook, Stop-Homophobie Agissons a servi de point de rencontre, et les fans de Monis ont aussi joué un rôle important dans la diffusion de l’information. Le flyer commun aux trois manifestations fait référence à l’assassinat de Stuart Walker, à l’agression d’un couple lesbien à Charleville-Mézières et à celle d’un jeune homo à Bordeaux, mais nombreux/ses sont celles et ceux qui penseront aussi à Alexandre Ponsenot, entre la vie et la mort depuis la mi-octobre après une attaque dont la motivation homophobe n’est pas exclue.

Et en se rendant à la préfecture pour préparer la manifestation de samedi, Franck Danvers, qui coordonne l’événement à Lille, a découvert qu’une autre agression homophobe avait eu lieu au Parc Matisse. Une raison de plus, s’il en manquait, de descendre dans la rue samedi.

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