On en parle assez peu en France, mais le 11 octobre est, depuis 1988, la Journée internationale du coming-out. Comme souvent, l’idée vient des États-Unis, mais elle a essaimé dans d’autres pays, notamment en Suisse et en Belgique.

TÉMOIGNAGES
Le quotidien belge Le Soir publie une tribune de Bruno De Lille, dans laquelle le secrétaire d’Etat bruxellois Groen! chargé notamment de l’Égalité des chances, appelle à plus d’ouverture envers les lesbigays (lesbiennes, gays et bis). Rappelant les alarmants chiffres des tentatives de suicide chez les jeunes homos, il évoque son propre coming-out.

«Je ne m’attardais pas vraiment à ma sexualité – honnêtement – jusqu’à ce que certains jeunes à l’école (…) ont commencé à me traiter de “tapette” (et toutes ses variantes), écrit-il. Ce fut une année scolaire horrible, j’avais le sentiment d’être mis à l’écart, on m’embêtait et j’étais troublé et… je pensais que je ne pouvais pas me débarrasser de ce poids à la maison. Ce n’est pas que mes parents étaient homophobes mais dès que le sujet était évoqué, ce n’était jamais de manière positive.»

Il a finalement fait son coming-out auprès de ses parents à 19 ans, alors qu’il venait de rencontrer son premier petit copain, raconte-t-il. À sa mère d’abord, qui a pleuré tout un week-end, puis à son père qui a un peu mieux réagi. Mais «il a fallu cinq ans à mes parents pour qu’ils n’aient plus de difficulté à l’accepter, poursuit Bruno De Lille. En fait, jusqu’au moment où ils ont appris à connaître mon compagnon de maintenant. On pourrait dire qu’il leur a fallu autant de temps que moi pour accepter mon homosexualité».

Ce que raconte Bruno De Lille est très proche de ce que nombre de personnes LGBT ont vécu: «quelqu’un m’a un jour dit que ma maman avait peur que j’aie une vie difficile à cause de mon homosexualité. J’ai bien entendu traversé des moments très difficiles mais ce qui est ironique, c’est qu’une partie de ces difficultés était due au fait que j’avais le sentiment de ne pas pouvoir raconter mon histoire à la maison. (…) Entre-temps, j’ai bien du faire un millier de fois mon coming-out. En fait, ça ne s’arrête jamais».

Autre pays, autre expérience, autre témoignage. Sur le site suisse Coming-Out Day, soutenu par bon nombre d’associations LGBT suisses, Barbara raconte son premier coming-out , à 16 ans, un dimanche avant la messe, lorsque le curé lui a demandé si «le péché de chair [l’]avait tentée»: «Forte de cette conviction qu’aimer n’est pas pécher, je lui annonçai fièrement que malgré la passion qui avait enflammé mon âme, j’étais restée tout à fait pure et qu’aucun geste audacieux n’avait entaché notre chaste amour naissant. «Comment s’appelle-t-il?». Je m’empressai de corriger… «C’est elle, monsieur l’abbé… Elle s’appelle Ruth…». Les minutes qui suivirent parurent interminables, tant le silence était lourd. Je me suis même demandé si le pauvre homme était encore là ou s’il avait pris la fuite…» Si cette première annonce a été douloureuse, Barbara est claire: «Le coming-out est le premier pas vers le bonheur!»

PARTICIPER
Une façon simple de participer: remplacer votre photo sur les réseaux sociaux par un arc-en-ciel ou «arc-en-cieliser» votre propre photo, comme le suggère la campagne #CountMeOut.

À l’instar de Bruno De Lille, Yagg vous souhaite une chouette journée du coming-out. Et comme sur Yagg on aime vos histoires, n’hésitez pas, dans les commentaires, à raconter votre coming-out ou à expliquer pourquoi vous ne l’avez pas fait.

À noter, la parution de Bien réagir au coming-out d’un proche, un petit guide coécrit par Isabelle Lacheref et le psy Paulo Queiroz aux éditions Jouvence.

[mise à jour] Les yaggeuses et les yaggeurs racontent (ou ont raconté) leur coming-out sur leurs blogs:

Via Munich and Co.

Photo DR