Les six candidat-e-s à la primaire socialiste, qui aura lieu les 9 et 16 octobre prochain, ont rendu leur copie à Homosexualités et socialisme (HES).

L’association de réflexion et de proposition sur les questions LGBT, proche du Parti socialiste (PS), avait soumis les mêmes questions (17 au total) à Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Jean-Michel Baylet, certain-e-s d’entre eux-elles accompagnant leurs réponses d’une vidéo (voir ci-dessous).

Martine Aubry (extrait d’une interview accordée à PinkTV dans l’émission Plus rose ma ville):

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Martine Aubry – Quels droits pour les LGBT?

François Hollande:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur François Hollande – Quels droits pour les LGBT?

Ségolène Royal:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Message à HES

Manuel Valls:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur « Un jour, une idée » – Pour le mariage homosexuel…

Mariage, lutte contre l’homophobie, homoparentalité, don du sang, droits des trans’, sida: sur tous ces thèmes et d’autres encore, les six candidat-e-s avancent leurs idées et vont plus dans le détail que dans les propositions-phares du PS pour l’élection présidentielle de 2012, le socle commun à l’ensemble des postulant-e-s à l’investiture socialiste.

À noter que ces réponses étaient présentées et débattues jeudi soir lors d’une rencontre publique avec les représentant-e-s de chaque candidat-e (à savoir Bertrand Monthubert, Marie-Pierre de la Gontrie, Sylvia Pinel, Zohra Bitan, Aurélie Filippetti, et Najat Vallaud-Belkacem), organisée par HES à Sciences-Po, à Paris.

Yagg vous en propose une synthèse. L’intégralité des réponses est consultable sur le site de HES.

LUTTE CONTRE LES VIOLENCES ET LES DISCRIMINATIONS
L’ensemble des candidat-e-s est favorable à un retour de la Halde ou la création d’une autorité équivalente et indépendante, «au sein de laquelle les associations LGBT seront représentées» propose François Hollande.

Même unanimité en ce qui concerne le refus de l’exclusion des homosexuels du don du sang.

Ségolène Royal et Martine Aubry souhaitent aligner les délais de prescription pour toutes les insultes à caractère discriminatoire.

Ségolène Royal et François Hollande proposent une «sensibilisation à la diversité des relations amoureuses», pour la première, et «l’apprentissage du «vivre ensemble» et la lutte contre les préjugés», pour le second, dès l’école primaire. Tandis que Jean-Michel Baylet voudrait rendre «obligatoire l’organisation d’une semaine contre les discriminations et les préjugés dès le CM1» et que l’on aborde «la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre» à partir de la 1ère, au lycée. L’importance de la formation de l’ensemble du personnel de l’Éducation nationale sur ces questions est soulignée par les six candidat-e-s.

DROITS DES COUPLES DE MÊME SEXE
Sur ce thème, pas de surprise, les six candida-t-e-s sont sur la même ligne: oui à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe, oui à la signature du pacs en mairie et à son amélioration (pension de reversion, allocation veuvage, titre de séjour au partenaire pacsé étranger).

DROITS DES FAMILLES HOMOPARENTALES
Des divergences entre les candidat-e-s se font sentir en ce qui concerne la gestation pour autrui (GPA). Arnaud Montebourg, Ségolène Royal, François Hollande et Martine Aubry sont contre la levée de l’interdiction de la GPA en France, alors que Jean-Michel Baylet et Manuel Valls y sont favorables. «Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable […], explique ce dernier. À terme, je suis favorable à une évolution législative, mais contrairement au mariage, ce n’est pas la position du PS».

En revanche, concernant le droit à l’adoption pour les couples de même sexes et l’ouverture de la procréation assistée à toutes les femmes, sans discrimination, c’est «oui» pour tout le monde.

DROITS DES PERSONNES TRANS’
À la question de «l’alignement des textes législatifs et réglementaires pour qu’y figure «l’identité de genre» au même titre que «l’orientation sexuelle», parmi les motifs de discrimination ou de violence condamnés», l’ensemble des candidat-e-s y répond favorablement, avec un léger bémol pour Arnaud Montebourg: «Un amendement à la loi est envisageable, mais le plus important est qu’elle soit bien appliquée».

Les candidat-e-s sont également d’accord pour suivre «la recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, au titre de laquelle les États-membres sont invités à permettre la rectification de l’état civil d’une personne trans’ sans poser de condition médicale».

Unanimité également en ce qui concerne le libre choix des médecins dans le parcours de transition. Cependant, si ce dernier conduit à l’infertilité, Arnaud Montebourg est «opposé à la conservation des gamètes, sauf pour un don naturellement. Cela induirait, ajoute-t-il, une complexité du rapport entre l’enfant et ses parents qui ne me paraît pas souhaitable».

SANTÉ DES PERSONNES LGBT
La quasi-totalité des candidat-e-s mentionne explicitement la remise en cause des franchises médicales.

François Hollande préconise un «dépistage généralisé du VIH», Arnaud Montebourg un «dépistage rapide démédicalisé». Quant à Jean-Michel Baylet, il estime que «la généralisation du dépistage du VIH pourra être rendue obligatoire lors de tout examen sanguin réalisé avec la participation d’un médecin».

Ségolène Royal propose la «généralisation du préservatif à 20 centimes d’euros» et fait remarquer «qu’on parle trop peu de la santé des lesbiennes, et qu’un plan national de prévention à ce sujet est tout aussi nécessaire: les lesbiennes ne sont pas épargnées par les IST, et faute d’information, la situation ne s’améliore pas. Leur sexualité est bien souvent niée par les médecins».

À la question «Quelle sera la contribution de la France au fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dans les cinq années de votre mandat?», Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet et Manuel Valls répondent qu’il faut l’augmenter… mais sans donner de chiffres.

Et n’oubliez pas de répondre à notre sondage: Pour qui irez-vous voter à la primaire socialiste?