La 15e Existrans, la marche des trans’ et de celles et ceux qui les soutiennent, aura lieu demain, samedi 1er octobre, à Paris.

Malgré les belles paroles – le Collectif Existrans souligne que «plus d’un an après l’effet d’annonce de l’ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, rien n’a été mis en œuvre concrètement» –, les revendications ne changent pas d’une année sur l’autre.

DES REVENDICATIONS CONSTANTES
«Comme depuis maintenant de nombreuses années pour la plupart de ces revendications, nous exigeons: la dépathologisation des transidentités; la reconnaissance de l’autodiagnostic et la dépsychiatrisation réelle des parcours; la suppression des stérilisations obligatoires des personnes trans’ ainsi que des expertises médicales, pour leur changement d’état-civil; un changement d’état-civil facilité, libre et sans condition; le respect du libre-choix du médecin et le remboursement des soins; la possibilité de parcours hors-Centre(s) de référence, en France et à l’étranger; l’absence de critères d’admission pour entrer dans ce(s) Centre(s); un parcours de soins facilité, sans «test de vie réelle» préconisé dans les standards de soins; l’ouverture d’un droit de séjour et d’un droit d’asile pour les personnes trans’; la reconnaissance de la transphobie comme discrimination et facteur de précarisation des personnes trans’ (école, formation, emploi, etc.)», indique le communiqué commun signé par le Collectif Existrans 2011, Act Up-Paris, Fier-e-s et révolutionnaires du PCF, le MAG, Rainbow Brest et OUtrans.

Le Collectif Existrans, qui précise être «solidaire des luttes des intersexes», s’aligne sur la campagne internationale Stop Trans Patholigization, dont les objectifs principaux sont «le retrait du trouble d’identité de genre de la nomenclature des maladies (…), lutter contre la tutelle psychiatrique obligatoire et ceci dans la lignée féministe des trans’ à disposer de leurs corps».

«STOP À LA STÉRILISATION FORCÉE POUR AVOIR DES PAPIERS!»
Plusieurs autres organisations appellent à se joindre à la manifestation, autour du slogan «Stop à la stérilisation forcée pour avoir des papiers!». «Cette année nous avons choisi ce slogan afin de dénoncer les violences faites aux personnes trans’ par le corps judiciaire de l’État ainsi que le corps législatif qui refuse toujours de promulguer des lois respectant la dignité humaine en ce qui concerne le changement d’état-civil des personnes trans’», expliquent les associations Acthe, Inter Trans, Acceptess-t, Bi’cause et HomoSFèRe.

«Alors qu’une circulaire ministérielle a été adressée en mai 2010 aux procureurs des cours d’appel, les recommandations qu’elle contenait n’ont eu aucun effet sur les jugements rendus depuis, renchérit un communiqué signé notamment par l’Inter-LGBT, Les Enfants d’Arc-en-Ciel, l’APGL, HES ou Centrégaux. En effet, les juges refusent toujours de prononcer le changement d’état-civil si un médecin ne certifie pas que le changement de sexe est physiologiquement irréversible.»

«Les personnes trans’ ne doivent pas être les oubliées de la marche vers l’égalité des droits LGBT qui ne se limite pas au «mariage pour tou-te-s» et à l’homoparentalité», ajoute le Parti de Gauche.

«DANS BEAUCOUP DE PAYS D’EUROPE LES CHOSES AVANCENT»
«Dans beaucoup de pays d’Europe les choses avancent, comme en témoignent les interventions de M. Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Nous marchons pour que la France ne s’entête pas dans son retard», insiste le Collectif Existrans.

La marche partira à 14h du métro Bastille, passera par la place de la République et le quartier du Marais pour s’achever sur le parvis de l’Hôtel de Ville.