Notre paradis, le nouveau film de Gaël Morel (actuellement dans les salles) est d’une noirceur absolue. On en sort pour le moins groggy, comme si le monde décrit par le cinéaste était forcément sans issue. Noir, c’est noir.

Vassili est un prostitué vieillissant qui va embarquer dans sa folie meurtrière un jeune tapin paumé, Angelo, dont il tombe éperdument amoureux. Notre paradis est le récit de leur cavale: à mesure que leur histoire d’amour se construit, les meurtres s’accumulent dangereusement…

LES EFFETS DU TEMPS
Avoir confié à Stéphane Rideau le rôle de Vassili est LA bonne idée du film. Il y a comme un clin d’œil, un jeu, à montrer l’ex-icône de toute une génération de gays, avec pas mal de kilos en plus, les rides bien apparentes, affublé d’un look perfecto en cuir des plus datés. Les effets du temps prennent sur lui une dimension touchante et poétique. Le paradis du film résonne à la fois comme un paradis perdu (une sorte de «mais où est donc passée ma jeunesse?» avec des homos seniors cyniques et aigris obligés de payer pour baiser) mais aussi comme un eden inaccessible (un monde où toutes les générations d’hommes pourraient communiquer). On l’aura compris, l’optimisme n’est pas au rendez-vous. Et pourquoi pas? Après tout, faire du cinéma ce n’est pas faire un spot de pub.

BANCAL
Sauf que cette noirceur revendiquée bute sur des faiblesses de mise en scène et de scénario qui font que le résultat final est bancal. Notre paradis connaît quelques fulgurances réussies qui lui donnent des airs de conte cruel un brin fantastique (les scènes de meurtre) mais trébuche souvent sur un réalisme un peu niais (les scènes avec l’enfant, notamment), servi par des comédiens pas toujours au top. Dommage, il y avait matière à un beau voyage au bout de l’enfer.


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