Act Up-Paris et le collectif interassociatif TRT-5 ont fait entendre leur voix à l’occasion du début, ce mardi 27 septembre, de la discussion sur le projet de loi sur «la sécurité sanitaire du médicament». Trente articles défendus par le ministre de la Santé Xavier Bertrand (photo) et qui visent principalement à mieux encadrer l’industrie pharmaceutique et à réformer la filière du médicament, après le scandale du Médiator. Lequel a montré les liens parfois troubles entre le laboratoire et les acteurs de santé.

UN QUESTIONNAIRE ENVOYÉ À TOUS LES DÉPUTÉ-E-S
C’est d’ailleurs par la voie d’un questionnaire qu’Act Up-Paris interpelle les député-e-s «sur leur indépendance vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique». Dans son communiqué, l’association explique que les réponses à trois questions doivent permettre de savoir si «nos élu-e-s sont-ils et elles indépendant-e-s des laboratoires pharmaceutiques». Les questions portent sur les rencontres et réunions entre député-e-s et représentant-e-s des laboratoires, sur les avantages qu’auraient pu recevoir les élu-e-s et sur le fait d’avoir ou non travaillé pour l’industrie du médicament au cours de 20 derniers années.

UN PROJET DE LOI «TRÈS INSUFFISANT» SELON ACT UP-PARIS
C’est aussi pour Act Up l’occasion de rappeler que le projet de loi est selon l’association très insuffisant et que la «plupart des amendements présentés par des élu-e-s de l’opposition, et défendus par des associations de malades, ont été refusés».

SAUVEGARDER L’ACCÈS RAPIDE AUX MOLÉCULES INNOVANTES
De son côté, le TRT-5 demande aux député-e-s de préserver le système des Autorisations temporaires d’utilisation (ATU) pour les médicaments. Les ATU permettent aux malades atteint-e-s de pathologies mortelles d’avoir accès à des molécules avant leur mise sur le marché. Le TRT-5 rappelle que «depuis leur mise en place, au milieu des années 1990, pour répondre aux besoins des malades du sida, les ATU ont permis de faire face à des situations intolérables où des personnes allaient mourir faute de traitements». À la lecture du projet de loi, le TRT-5 craint que le nouveau cadre législatif ne restreigne «l’accès effectif aux médicaments innovants». Le TRT-5 fait d’ailleurs une série de propositions consultable sur son site.

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