Le Chant des sirènes, nouvel album d’Orelsan, est dans les bacs depuis hier, et même si le jeune rappeur a changé de look, on ne peut pas dire qu’il ait changé de discours. Celui qui avait suscité une vive polémique en 2009, notamment auprès d’associations féministes, avec l’un de ses titres, Sale pute, aux paroles violentes et sexistes, n’y va toujours pas avec le dos de la cuillère en 2011.

«LESBIENNES REFOULÉES»
Pour preuve le single Suicide social qui expose le flot de haine d’un jeune homme envers la société toute entière ou presque (les «employés de bureau», «la France profonde», les «nouveaux fascistes», les «jeunes moyens»…) avant que celui-ci ne se tire une balle dans la tête. Les homos ne sont pas oublié-e-s. Extrait: «Adieu lesbiennes refoulées, surexcitées
/Qui cherchent dans leur féminité une raison d’exister/Adieu ceux qui vivent à travers leur sexualité
/Danser sur des chariots? C’est ça votre fierté?/Les bisounours et leur pouvoir de l’arc-en-ciel
/Qui voudraient me faire croire qu’être hétéro c’est à l’ancienne/
Tellement, tellement susceptibles/
Pour prouver que t’es pas homophobe faudra bientôt que tu suces des types».

«MÊME PAS UN POINT DE VUE»
Mais ne vous sentez surtout pas visé-e ou blessé-e, tout ça est «non seulement de la fiction, mais ce n’est même pas un point de vue» affirme Orelsan dans une interview accordée à L’Express.fr. «Suicide social, c’est vraiment une série de clichés, explique-t-il. Pour moi parler des gens en tant que groupes, en tant que classes sociales, en tant que couches, c’est de la connerie. Cette chanson elle est à prendre comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire». Ce qu’il ne faut pas faire: taper sur les homos ou considérer qu’ils sont un groupe de la société? On a du mal à suivre… Encore plus quand on lit la suite de l’entretien: «Quand je dis «Adieu lesbiennes refoulées qui recherchent dans leur féminité une raison d’exister», je parle des gens qui n’ont pas de passion et qui se réfugient dans le féminisme (sic). J’ai reçu un commentaire: «Je n’aime pas ce que tu as dit. Moi, je suis lesbienne». Ça n’a pas de rapport». Ah, ok.

«C’EST DRÔLE»
Et pour s’assurer qu’on a bien compris, Orelsan répète peu ou prou les mêmes explications à Libération.fr: «Les gens vont comprendre que c’est de la fiction, et puis c’est drôle. Ça se voit que ce sont les pensées de quelqu’un qui est mal dans sa peau, et qui renvoie la haine qu’il a contre tous les autres». Donc vous avez bien saisi? Orelsan n’est pas Christian Vanneste. Il est le porte-voix désabusé mais en même temps super intelligent et observateur de tous les petits Vanneste de France. Et comme en plus, il confie à L’Express.fr qu’«écrire pour Mylène Farmer, ce serait un super challenge», ouf, on est sauvé et totalement rassuré.

Pense-bête: ne pas oublier d’informer Orelsan du suicide de Jamey Rodemeyer, 14 ans, victime de harcèlement homophobe.