«Je m’appelle Alice Nkom, et ici au Cameroun, je suis une des rares avocates à prendre la défense des Camerounais qui sont condamnés simplement parce qu’ils sont gays.» C’est ainsi que débute la lettre d’Alice Nkom diffusée par AllOut.org, alors qu’au moins 10 hommes ont été arrêtés pour «homosexualité» en moins de deux mois.

«J’assiste, impuissante, à une véritable chasse aux homosexuels orchestrée par la police, écrit l’avocate. (…) Jean-Claude, l’un d’entre eux, est condamné à 3 ans de prison seulement parce qu’il a envoyé un SMS pour déclarer son amour à un autre garçon. Et je reçois de nombreux témoignages de violences homophobes partout dans le pays. J’ai 66 ans, et depuis dix ans je défends les droits des personnes lesbiennes, gays, bi et trans’ au Cameroun: et je n’ai jamais vu une situation aussi grave.»

La situation inquiète aussi fortement le collectif Africagay contre le sida: «Il ne peut y avoir de vraie politique de prise en charge globale du VIH/sida si l’on ne prend pas en compte les populations les plus vulnérables à l’épidémie. Tandis que les 193 États Membres de l’Onu ont reconnu en juin dernier la nécessité de prendre en compte ces populations pour lutter efficacement contre l’épidémie de sida, les autorités camerounaises continuent de nourrir la discrimination et la stigmatisation envers ces populations. (…) Comme l’a dénoncé le prix Nobel de la paix, l’archevêque Desmond Tutu, «l’homophobie est un crime contre l’humanité, frappant aussi injustement que l’apartheid».»

Une personne peut régler la situation, assure Alice Nkom: le président Paul Biya: «Il est le seul qui peut arrêter ce cercle infernal d’arrestations et de violences homophobes, demander la libération immédiate des personnes toujours en prison et mettre un terme aux lois qui font de l’homosexualité un crime au Cameroun».

«Il ne pourra pas ignorer un appel venu des quatre coins du monde», insiste l’avocate, qui s’est donc associée à AllOut.org pour diffuser l’appel en question. À l’heure où nous publions, plus de 18000 signatures ont été récoltées. AllOut.org en espère au moins 25000. Pour signer, rendez-vous sur le site d’AllOut.org.

Photo AllOut.org