Seul un catholique pratiquant sur 5 estime que la position du candidat à la présidentielle sur l’ouverture du mariage sera déterminante dans son choix du candidat à la présidence de la République. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’IFOP publié hier par le quotidien catholique La Croix.

Parmi les sondé-e-s, 63% des personnes fréquentant les églises attribuent un «faible rôle» à cette question. En revanche, selon le quotidien, le sondage révèle des attentes particulières des catholiques. La liberté de choisir son école arrive ainsi en sixième position. Toutefois, ces questions arrivent loin derrière les préoccupations traditionnelles de l’emploi, de la sécurité ou du pouvoir d’achat.

«IL N’Y A PAS DE PARTI CHRÉTIEN»
«Les catholiques sont des Français comme les autres, il n’y a pas de parti chrétien, pas de vote catholique», affirme François de Lacoste Lareymondie, vice-président de l’Association pour la fondation de service politique, le groupe chrétien qui a commandité l’étude d’opinion.

Évidemment, les résultats de ce sondage irritent au plus haut point celle qui prétend capter l’électorat catholique de l’Hexagone. Christine Boutin, qui s’est lancée dans la course au scrutin de 2012 sous la bannière de son Parti chrétien démocrate, contre-attaque dans La Croix, affirmant que les résultats auraient été bien différents si l’on avait posé la question de l’adoption par les couples de même sexe.

PÉTITION EN LIGNE
Hasard de calendrier? Forte du ralliement de 80 députés et 113 sénateurs à son combat contre ce qu’elle appelle «l’idéologie du gender», Christine Boutin vient de lancer sur son site de campagne une pétition en ligne contre son enseignement.

Visuels chocs à l’appui, les deux affiches se veulent provocatrices. L’une montre un bébé avec une citation détournée de Rudyard Kipling, «Tu seras une femme, mon fils», l’autre une petite fille avec la citation la plus célèbre de Simone de Beauvoir, «On ne naît pas femme, on le devient», agrémentée à la sauce Boutin: «ou alors on naît homme et on devient femme, ou alors on naît femme et on devient homme, ou même on naît homme, on devient femme et on redevient homme».

Au final, peu importe à Christine Boutin et aux parlementaires tenant-e-s de l’ordre moral qu’il n’a jamais été question d’enseigner les «gender studies» aux lycéens. Pour elle comme pour eux, c’est toujours ce qui sort de la norme hétérosexuelle qui pose problème.

[Mise à jour, 19h42] Dans un communiqué, l’Association Commune aux Trans et aux Homos pour l’Egalité (Acthe) fustige la nouvelle campagne de Christine Boutin contre les genders studies. «Alors qu’en Allemagne, le ministère de la Justice réserve 10 millions d’euros du budget 2011 pour la création de la fondation Magnus Hirschfeld (lire l’article de Yagg), en France, nous faisons face à la transphobie à l’état pur de Christine Boutin, bafouant à la fois des auteurs illustres et en niant totalement la réalité des personnes transidentitaires ainsi que toutes les difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans leurs trajectoires de vie», s’insurge l’association, qui appelle les pouvoirs publics «à prendre les mesures nécessaires, obligatoires et suivant le principe de respect et de dignité de l’Humain en sanctionnant Mme Boutin dans sa persécution des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transidentitaires».

Photo Benjamin Lemaire – Virtuo Presse