Après les député-e-s, c’est au tour des sénateurs/trices de s’émouvoir de que ce qu’ils appellent la «théorie du genre» fasse son entrée dans les manuels scolaires, et plus précisément dans les livres de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) des classes de première ES et L.

Emmené-e-s par la sénatrice UMP de Paris Marie-Thérèse Hermange (qui s’était illustrée notamment par une petite phrase bien réac lors du débat sur l’ouverture de l’insémination artificielle aux couples lesbiens), ils et elles sont au nombre de 113 (soit près d’un tiers des membres de la Chambre haute, dont 98 UMP, 12 centristes et 3 non inscrits) à avoir signé une lettre adressée à Luc Chatel, ministre de l’Éducation. «Cette théorie sociologique et militante qui affirme que l’identité sexuelle n’est qu’une construction culturelle n’a pas sa place dans une matière scientifique et va à l’encontre des principes de neutralité et de liberté de conscience propres à l’enseignement public, soutient la lettre. S’il faut veiller à l’égalité des droits entre hommes et femmes et dénoncer la suprématie de l’un sur l’autre, l’importance des facteurs biologiques ne peut être niée sauf à vouloir bouleverser l’anthropologie de notre société en fragilisant la famille, qui est sa structure de base, et l’individu.»

Ces sénateurs/trices exigent «le retrait de la mention de la théorie du genre présentée dans les manuels de SVT par Hatier, Hachette, Bordas», ce qui ne devrait pas poser trop de problème dans la mesure où cette mention n’existe pas. Conformément à un bulletin du ministère de l’Éducation nationale du 30 septembre 2010, les manuels de SVT comprennent un ou deux paragraphes sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle et notamment sur la distinction à faire entre les deux.

Le site Veille-Education, qui «propose toute l’actualité quotidienne sur l’école dans une perspective chrétienne», met à disposition en PDF les paragraphes incriminés dans les 3 manuels.