Présentation des résultats de l'enquête. À droite, Christian Ude.

Presque incroyable… Dans la capitale bavaroise, dans cette ville de rêve où il y a autant de BMW que de baguettes sous les bras des Parisiens au sortir des boulangeries, où le chômage ne dépasse pas les trois et demi pour cent, où l’on se sent en sécurité, où la police est présente partout et semble passer son temps à contrôler tout ce qui bouge et dresse des procès-verbaux y compris aux cyclistes et où, de mémoire d’adolescent, les socialistes ont toujours gouverné, les jeunes gays et lesbiennes ont peur! Toute la presse bavaroise en parle dans les éditions du week-end.

Vendredi, à la veille de la rentrée scolaire, le maire de la ville Christian Ude a communiqué les résultats d’une enquête menée par la Cellule de coordination pour les modes de vie homosexuels de la ville de Munich («städtische Koordinierungsstelle für gleichgeschlechtliche Lebensweisen»), intitulée «Da bleibt es noch viel zu tun» («Dans cette matière, il reste beaucoup de choses à faire»). Huit cents professionnel-le-s de l’enfance et de l’aide à la jeunesse ont été interrogé-e-s. Aux dires des responsables de la ville, il s’agit de la plus grande étude jamais menée en Allemagne sur cette thématique.

L’enquête dévoile que 5 à 10 pour cent des jeunes sont homosexuel-le-s et qu’en général, ces jeunes ont peur d’être mis à l’écart et de perdre leurs amis, la pression sociale serait tellement forte qu’ils se sentent contraints de dissimuler leurs sentiments. De plus, la plupart d’entre eux ont vécu des incidents homophobes. Pour 88% des professionnel-le-s interrogé-e-s, il est certain que les jeunes gays, lesbiennes et trans’ ont peur de faire leur coming-out auprès des autres jeunes de leur âge, et s’ils le font, cela ne se passe pas sans problèmes. Dans les écoles aussi, le climat social n’est pas accueillant pour les jeunes LGBT, et les incidents homophobes sont légion.

Cette nouvelle étude dément clairement la croyance largement répandue selon laquelle les gays et les lesbiennes sont bien intégré-e-s dans la société et n’ont plus de problèmes à vivre ouvertement leur homosexualité. La Ville de Munich va donc en tirer les conséquences logiques et s’impliquer davantage dans la thématique de l’orientation sexuelle.

Luc Lebelge

Photos Bernd Müller / Carolin Hagebölling

En partenariat avec Munich and Co.