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Mercredi 7 septembre, Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme était l’invité exceptionnel du chat VIH/Actualités.

Près de 10 ans après la création du Fonds, Michel Kazatchkine évoque les difficultés dans le financement de la lutte contre le sida, mais aussi les actions réalisées.

Voici l’intégralité des échanges avec les internautes de Yagg.

Michel Kazatchkine: Bonjour, je suis ravi d’échanger avec vous toutes et avec vous tous.

Lisa: On souligne souvent le caractère très procédurier du Fonds mondial, accusé d’appliquer strictement ses normes administratives, quitte à ce que l’efficacité sanitaire des programmes financés s’en trouve diminuée. En tant que dirigeant, comment gérez-vous ces contradictions, entre respect des procédures définies à Genève et adaptation aux réalités propres de chaque pays?

Michel Kazatchkine: Garantir que les fonds considérables qu’apporte le Fonds mondial dans un pays vont effectivement et exclusivement aux objectifs auxquels ils sont destinés nécessite des procédures. Je suis conscient qu’en répondant à des incidents ou à des difficultés et en répondant à notre conseil d’administration, ces procédures sont devenues souvent trop compliquées.

Steph: Comment travaillez-vous avec les pays qui ont une législation clairement homophobe?

Michel Kazatchkine: Bonne question… C’est là que le concept de partenariat et la force du concept de CCM (Comité de coordination nationale) prennent toutes leurs places. Il ne peut y avoir de proposition venant au Fonds mondial pour un financement qui ne soit approuvée par le CCM. Dans un pays avec une législation homophobe, le CCM peut se mettre d’accord sur un programme de prévention tourné vers les MSM [Men who have sex with men, ndlr] qu’un ministère de la Santé seul n’engagerait jamais. En somme, le CCM peut bypasser un gouvernement et nous avons dans certains cas financé des programmes en réponse à un CCM et en désaccord avec un gouvernement.

José: Qu’en est-il de l’opération que vous avez menée avec Carla Bruni-Sarkozy contre la transmission du sida de la mère à l’enfant?

Michel Kazatchkine: Carla Bruni-Sarkozy a certainement aidé à mobiliser les fonds en France, elle a participé par ailleurs à tout un ensemble d’actions sur la prévention de la transmission de la mère à l’enfant de l’Onusida, de l’Unicef et de nombreuses organisations de la société civile. Donc, son action a un impact sur la contribution financière et une participation au plaidoyer plus général sur l’objectif que nous nous fixons tous d’éliminer la transmission verticale [transmission du VIH de la mère à l’enfant] d’ici 2015.

Sylvie: Nous avons 30 années de sida derrière nous et il est clair qu’il y a un «avant» et un «après» Fonds mondial. La création du Fonds mondial n’était-elle pas un pari sur un nouveau modèle d’organisation et de gouvernance de la santé au plan international ? Comment voyez-vous les évolutions du Fonds mondial, celles qu’il faut craindre, celles qu’il faut espérer?

Michel Kazatchkine: Oui le Fonds a été pionnier en construisant un nouveau modèle de gouvernance pour aborder des grands problèmes auxquels l’ensemble des pays du monde se trouvent confrontés. En ce sens, je suis très sollicité sur les avantages et les difficultés de ce modèle par les spécialistes de l’environnement ou d’autres domaines à la recherche de pistes pour la gouvernance globale. Cependant il y a des choses à corriger dans le modèle qu’a suivi le Fonds jusqu’à présent. Il me semble que le Fonds a bien soutenu les pays les plus aptes à venir avec un bon programme mais que le modèle n’a pas permis de soutenir suffisamment les pays qui rencontrent le plus de difficultés.

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