Une première chronique bucolique pour le Mondial ovale qui se dispute jusqu’au 23 octobre.

Fougère. La Coupe du monde se dispute en Nouvelle-Zélande, le pays du XV à la fougère qui, dans la tradition maori, représente la renaissance éternelle, LE Pays du rugby où le jeu est une religion, je pèse mes mots. Les All Blacks, héros d’une nation, sont les ambassadeurs d’un rugby très moderne, en constante évolution. Les Blacks aiment faire vivre le ballon comme on dit en ovalie, nombreuses passes, courses folles, puissance et défense solide. Une forme de rugby total.

Considérée comme la meilleure nation du monde depuis des lustres parce qu’elle gagne environ 9 de ses matches sur 10, la Nouvelle-Zélande n’a pourtant remporté la Coupe du monde qu’une seule fois, lors de la première édition en 1987. Elle a notamment été battue par la France en une demi-finale d’anthologie en 1999 et encore une fois en 2007.

Les All Blacks, c’est le haka, encore une tradition maori. Interprété par des types gonflés à bloc, les yeux exorbités et les muscles saillants. Très spectaculaire, il n’est pas l’apanage des Blacks. Les Iles Tonga, les Iles Fidji ou les Iles Samoa ont également leur chorégraphie traditionnelle d’avant-match.

Parmi les jolies fleurs de l’équipe à observer, Dan Carter, Rick McCaw et un troisième ligne de grand talent, Sonny Bill Williams (dont on a même vu le joli tatouage dans le dos à la faveur d’un maillot déchiré). Sonny a déjà marqué deux essais hier, vendredi 9 septembre, en ouverture contre les Iles Tonga.

Bleuet. C’est le petit nouveau de l’équipe de France et un sacré talent. Raphaël Lakafia ne comptait qu’une sélection en équipe de France avant la compétition. Le gamin de 22 ans a effacé de la liste des 30 retenus pour la Coupe du monde Sébastien Chabal. La sélection composée par Marc Lièvremont compte aussi des «anciens», que l’on appelle les cadres: Thierry Dusautoir le capitaine, Imanol Harinordoquy, ou encore, et c’est une bonne nouvelle pour les nostalgiques, Vincent Clerc et Cédric Heymans qui formaient au début des années 2000 un duo offensif de classe au Stade toulousain et en équipe de France.

Fleur de cerisier, feuille d’érable, feuille de chêne. L’emblème respectif des Japonais, des Canadiens ou des Roumains. Ces équipes présentes en Coupe du monde progressent à grands pas et montrent la mondialisation de ce sport même s’il n’est pas aussi universel que le football, par exemple. Ainsi le Japon. Le coriace adversaire de la France ce matin (21-47) a oublié l’une des plus larges défaites de l’histoire de la Coupe du monde (145-17 contre les All Blacks en 1995) pour progresser et préparer la Coupe du monde qu’il organisera en 2019.

Chardon. Celui que porte les Écossais sur leur poitrine et le plus valeureux d’entre eux, Chris Paterson. L’arrière écossais a fêté, ce samedi, contre la Roumanie, sa 106e sélection et sa quatrième participation dans une Coupe du monde. Il est le premier Écossais à réaliser une telle aventure dans le rugby. L’Écosse n’est pas l’une des favorites de cette Coupe du monde, elle a même failli laisser la victoire aux solides Roumains ce samedi matin dans leur premier match de poule qualificative.

Rose. Le meilleur ennemi des Français dans le Tournoi des Six Nations, et le meilleur ennemi des Français en Coupe du monde. Les Anglais, seule formation de l’hémisphère nord à avoir gagné une Coupe du monde (2003), comptent encore parmi les favoris de la compétition.

Cette année, l’équipe est un savant mélange de tradition et de modernité. Jonny Wilkinson est de la partie. Au-delà de la quête de victoire, le demi d’ouverture anglais mène un match à distance avec Dan Carter: les deux hommes se chamaillent le record de points (ils sont tous les deux à un peu plus de 1200 points, amélioration en cours). L’Anglais lui, compte aussi la meilleure marque de points marqués en Coupe du monde, 249 avant le match contre l’Argentine.

La modernité? Dans la peau de Manu Tuilagi. D’origine samoane, le centre fait dans la puissance, la vélocité, une belle vision du jeu. Qu’est-ce que la vision en sport? La perception d’un adversaire, l’intuition d’un espace, d’une ouverture, le sens d’une passe.

Trèfle. Encore une légende vivante sur le champ, Brian O’Driscoll, capitaine de l’équipe irlandaise, qui participe à sa quatrième Coupe du monde. L’homme aux 113 sélections est aligné au centre avec Gordon d’Arcy pour la 44e fois. L’Irlande au moral un brin en berne a vécu une préparation poussive (avec notamment deux défaites contre l’équipe de France). Mais il ne faut jamais négliger le «fighting spirit» irlandais.
Sur TF1, France Télévisions, Canal+ ou Eurosport.

Vieille branche. Il évolue désormais dans le jeu à XIII, il a souvent expliqué que son coming-out lui avait donné du courage, il se bat contre l’homophobie et n’hésite pas non plus à montrer son corps de gym queen. Gareth Thomas prend la pause pour un magazine américain et a twitté la photo, qui buzze sur la toile gay, d’AfterElton.com à Towleroad. À vous de juger. Bon week-end

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Pendant la Coupe du monde, Yagg et Actes Sud Junior vous proposent de gagner l’
Atlas du rugby, dédicacé par les auteures Bénédicte Mathieu et Myrtille Rambion. Pour cela, il vous faudra répondre à 3 questions de sport, une par semaine pendant 3 semaines. Lorsque vous aurez les 3 réponses (pas avant le 24 septembre, donc), vous devrez les envoyer à contact@yagg.com, avant le 30 septembre.
La question de la semaine est une question «rugby»: quel est le nom du trophée de la Coupe du monde de Rugby?