sos homophobieAlors que la polémique sur l’introduction de questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans les manuels de Science et Vie de la Terre (SVT) continue de faire rage – le député Jean-Marc Nesme (qui s’est plusieurs fois distingué par ses positions contre l’homoparentalité notamment) a écrit à la mission interministérielle de lutte et de vigilance contre les dérives sectaires (Miviludes) à ce sujet –, SOS homophobie lance un cri d’alarme.

«LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE NE PEUT PAS CONTINUER À NE COMPTER QUE SUR LES ASSOCIATIONS»
Dans un communiqué, l’association, qui se félicite des bons rapports que ses militant-e-s entretiennent avec les équipes pédagogiques, ce qui leur a permis d’intervenir, au cours de l’année scolaire 2010-2011, auprès de 7000 élèves, contre 1500 en 2008-2009 et 3000 l’année suivante, regrette néanmoins «que la part d’élèves sensibilisé-e-s à l’homophobie en France reste trop faible, et que les programmes scolaires ne se saisissent pas directement de la question». «Le ministère de l’Éducation nationale ne peut pas continuer à ne compter que sur les associations pour faire ce travail de prévention, et se doit de prendre lui-même part à la lutte contre l’homophobie, affirme SOS homophobie.

Rappelant l’«amalgame honteux» de Lionnel Luca, elle poursuit: «Cette tentative de pression des politiques sur les programmes scolaires pour colporter des idées obscurantistes et rétrogrades est insupportable. Luc Chatel, qui a affirmé le 31 août dernier que «c’est une avancée importante à l’adolescence d’évoquer [les questions d’identité et d’orientation sexuelles]», se doit de tenir sa parole et de rester dans la cohérence de la politique de son ministère qui a inscrit par deux fois la lutte contre l’homophobie dans ses circulaires de rentrée et dont les services ont défendu l’agrément national accordé à SOS homophobie quand celui-ci a été attaqué par des associations de familles catholiques».

«UN TRAVAIL DE PRÉVENTION DE LONGUE HALEINE»
«La lutte contre l’homophobie passe par un travail de prévention de longue haleine. C’est une action de terrain qui demande du temps, et dont on ne peut mesurer les bénéfices que sur le long terme. Il est donc capital que le ministère de l’Éducation nationale mette tout en oeuvre pour que la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre reste une priorité de son action. Car c’est en sensibilisant aujourd’hui les jeunes Français-es que l’on évite les victimes de demain», conclut l’association.

La lutte contre l’homophobie passe aussi par la lutte contre le harcèlement. En cette rentrée 2011, le ministère de l’Éducation publie à cet effet deux guides, sur le harcèlement et le cyber-harcèlement, destinés aux personnels des établissements scolaires (de la maternelle au lycée) mais aussi aux élèves (téléchargeables ici). L’identité de genre («garçon jugé trop efféminé, fille jugée trop masculine») est mentionnée dans la liste des «différences susceptibles de déclencher le harcèlement». Une campagne nationale est également annoncée pour le premier trimestre de l’année scolaire. À suivre, donc.