Les autorités ne pourront plus invoquer l’Europe pour justifier l’exclusion des hommes gays et bisexuels du don du sang. Dans une réponse à une question écrite de deux eurodéputés britanniques, Glenis Willmott et Michael Cashman, le commissaire à la Santé John Dalli a en effet indiqué que la législation européenne ne se prononce pas en faveur d’une interdiction des dons de sang d’hommes homosexuels ou bisexuels, rapporte un communiqué de l’Intergroupe sur les droits LGBT du Parlement européen.

EXCLUSION EN FONCTION DU COMPORTEMENT SEXUEL
Dans sa réponse, datée du 17 août, John Dalli explique que le droit communautaire justifie des exclusions du don de sang chez les personnes présentant «un risque élevé de contracter de graves maladies infectieuses» en raison de leur «comportement sexuel» et non en fonction de leur «orientation sexuelle».

Entre outre, le commissaire en a profité pour rappeler aux États membres que la mise en œuvre de la législation européenne prévoit qu’ils ne doivent pas discriminer sur la base de l’orientation sexuelle. Autrement dit, interdire à tous les hommes gays et bisexuels de donner leur sang est illégal en vertu du droit communautaire.

«ÊTRE GAY OU BISEXUEL NE PEUT PAS ÊTRE CONSIDÉRÉ AUTOMATIQUEMENT COMME UNE MENACE»
Michael Cashman, co-président de l’Intergroupe, s’est félicité de la réponse de la Commission qui, selon lui, «rappelle aux États membres que ce sont les individus qui sont à risque, et non des groupes».

«Être gay ou bisexuel ne peut pas être considéré automatiquement comme une menace pour la santé publique. Seuls des comportements sexuels à risque chez les hommes ou femmes, homosexuels ou hétérosexuels, constituent un risque réel», explique encore le parlementaire.

INFLEXION AU ROYAUME-UNI
Par ailleurs, les autorités britanniques ont annoncé hier, jeudi 8 septembre, un changement dans leur politique envers les homos qui désirent donner leur sang. La commission consultative sur les dons de sang, de tissus et d’organes a estimé que l’interdiction appliquée aux homosexuels pouvait être levée pour les hommes n’ayant pas eu de rapports sexuels avec un partenaire masculin pendant un an. Motif invoqué: l’amélioration des tests sur les lots sanguins. L’absence de rapport durant un an, avec ou sans préservatif, sera établie sur la base des déclarations des donneurs.

Un délai qui «se fonde sur des données scientifiques pour s’assurer de l’innocuité des dons de sang en matière d’hépatite B ou de virus HIV», a précisé Carl Burnell, responsable d’une des plus grandes associations britanniques d’homosexuels, Gay Men Fighting AIDS (GMFA). Dans un premier temps, les autorités avaient annoncé un délai de dix ans (lire Royaume-Uni: pour donner leur sang, les gays devront rester chastes pendant dix ans).

Le militant des droits humains Peter Tatchell, qui avait fait campagne pour la levée pure et simple de l’interdiction, estime pour sa part que cette mesure est «un pas important», tout en jugeant le délai de 12 mois «excessif et injustifié» dans une tribune publiée sur le site Pink News.

Photo montuno