Sortir ou non du placard, s’extraire des starting blocks, faire la star: d’une certaine dynamique en sport.

Athlétisme. Il s’était extrait des starting blocks trop vite en finale du 100 mètres des championnats du monde d’athlétisme de Daegu. Usain Bolt a l’occasion de pendre une revanche cette après-midi dans la finale du 200 mètres. L’homme le plus rapide du monde – il est le détenteur des records du monde du 100 mètres et du 200 mètres – courra non loin de Christophe Lemaitre, qualifié lui aussi pour la finale. Talent «show off» contre grâce inquiète. La finale du 200 mètres est un moment de sport blitz. Moins de 20 secondes de course éperdue mais bien sûr si codée pour espérer la perfection, préparée et apprise au fil des ans sur des kilomètres: foulée, pose des pieds, travail du haut du corps, respiration. C’est court et intense, c’est à 14h20 heure française.

À suivre dimanche, une athlète qui a fait fi de la lumière de la polémique. Caster Semenya s’est qualifiée pour la finale du 800 mètres. Le meilleur temps des demi-finales, et son meilleur temps de la saison. Elle est là pour défendre son titre, acquis avant les interrogations sur son genre. Depuis 2009, elle n’a pu courir que 13 mois, sa vie d’athlète mise entre parenthèses en raison de l’enquête sur son genre. Du courage en sport.
Sur France Télévisions (parce que heureusement les consultants sont formidables) ou Eurosport.

Tennis. L’une out, l’autre in. Venus n’a pas disputé son deuxième tour à l’US Open. L’aînée des Williams a annnoncé qu’elle souffrait d’une maladie auto-immune, le syndrome de Sjögren qui entraîne notamment des douleurs articulaires. Serena, pour l’heure, se balade. La gniaque comme toujours chez elle, peut renverser des montagnes. Mais un tournoi reste un tournoi (voilà pour la porte ouverte). Maria Sharapova en a fait les frais vendredi, la tête de série n°3 battue par l’Italienne Flavia Pennetta, l’une des valeurs sûres du circuit, tête de série 26 quand même.

Serena donc. Toujours très glam, elle a fait cet été, avec Venus, la couverture de Hamptons, le très stylé magazine des Hamptons… Les Hamptons? C’est un lieu de villégiature super chic pour les parents et les djeunes de famille aisées, dans l’état de New York. C’est là que partent les héros de Gossip Girl, pour vous donner une idée. L’entretien est sympa, les photos magnifiques (je ne suis pas objective).
Sur Eurosport et Eurosport 2.

Football. Vont-elles sortir de la confidentialité, jouer devant des tribunes plus garnies? On va le savoir assez vite, le championnat de France de football commence aujourd’hui. 12 clubs pour un titre décerné au terme de la 22e journée, le 3 juin 2012. Parmi eux, l’Olympique Lyonnais de Camille Abily, Sonia Bompastor ou encore Louisa Necib, le Paris Saint-Germain d’Élise Bussaglia, Saint-Étienne, Montpellier, Juvisy avec Sandrine Soubeyrant et Gaëtane Thiney, les promus Vendenheim, Soyaux et Muret.

Dans la foulée d’une coupe du monde où les Françaises s’étaient hissées en demi-finale devant plus de 2 millions de téléspectateurs, le foot féminin a séduit cet été. 18000 personnes sont venues faire une belle fête aux héroïnes du Mondial lors d’un match amical France-Pologne, le 24 août, au Stade Bollaert de Lens (2-0). Les performances des Bleues (plus de 2 millions de téléspectateurs pour la demi-finale entre les États-Unis et la France) séduisent et tordent sans doute quelques préjugés dans un pays où le foot est essentiellement une affaire d’hommes.

http://youtu.be/5hRGMWH0zsI

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur L’Hommage des Bleues à Lens

Le foot féminin va être un brin plus visible: pour la première fois de son histoire, le championnat de France verra certains de ses marches retransmis à la télévision, sur Eurosport, France 4 et France 3.

Mis en peu plus en lumière, le football féminin français va aussi exposer ses fragilités. Car le championnat de France reste modeste, le niveau des 12 clubs présents dans la compétition disparate.  Une compétition survolée par l’Olympique Lyonnais qui a décroché les cinq derniers titres, le dernier en finissant la saison invaincu. Reste que Lyon, avec ses joueuses professionnelles également championnes d’Europe, montre la voie. Le club a tout simplement mis les moyens pour que les joueuses puissent exister.

Il y a le championnat de France et il y a les Bleues. Qualifiées pour les Jeux olympiques de 2012, en course pour une qualification à l’Euro 2013 (les matches sont diffusés sur Direct 8), elles sont avec Lyon l’énergie du foot féminin. Pourvu que ça dure…

Placard. Après le «don’t ask, don’t tell», le «don’t tell» tout court. Deux athlètes ont, cette semaine, conseillé à leurs pairs de ne pas faire leur coming-out. Le premier est Philipp Lahm, le capitaine de l’équipe allemande de football et du Bayern Munich. Dans son autobiographie, La différence subtile, il indique notamment que contrairement à des rumeurs, il n’est pas gay: «Je ne suis pas marié pour les apparences avec mon épouse Claudia et je n’ai pas d’ami à Cologne avec lequel je vis en réalité, affirme-t-il. (…) Ces spéculations m’importent peu. Je n’ai rien contre les homosexuels et je trouve qu’il n’y a rien de répréhensible à l’homosexualité.» Il déconseille néanmoins – et pas pour la première fois – aux footballeurs homosexuels de sortir du placard, rappelant l’histoire de Justin Fashanu, premier footballeur à avoir assumé publiquement son homosexualité en 1990. Il s’était suicidé neuf ans plus tard à la suite de rumeurs d’agression sexuelle.

Dans la même semaine, Graeme Obree a, à peu près, déclaré la même chose. Lui est homosexuel. Il a fait son coming-out en février et conseille lui aussi aux sportifs de ne pas se montrer. Dans un entretien au Scottish Sun, dans lequel il avait révélé son homosexualité, le cycliste, un temps détenteur du record du monde de l’heure, explique qu’il ne pense pas qu’être un athlète en activité et out «soit une bonne chose».

Bon alors, on fait quoi? C’est un peu comme l’histoire de la poule et de l’œuf, par quoi on commence? Perso, je pense que plus on est de fous plus on a de chances d’en sortir, non? Bon week-end.