On est bien placé sur Yagg pour le savoir, dans la vie il y a des femmes, des hommes mais il y a aussi des personnes qui ne souhaitent pas se définir comme l’un ou l’autre, des agenres, des genderqueers, des trans’ qui veulent que cet aspect soit aussi pris en compte, ou pas, selon les cas. Bref, la vie n’est pas aussi binaire que ce que la plupart des formulaires administratifs et autres laissent penser.

PLURALITÉ DES GENRES
Avec le lancement de Google+, la question de la pluralité des genres sur les réseaux sociaux revient sur le devant de la scène. Sur Google+, on peut être «homme», «femme» ou «autre». Sur Yagg, on peut être «homme», «femme», «trans’», on peut aussi être «trans’» et «homme» ou «trans’» et «femme». Sur Facebook, depuis 2008, il faut faire un choix.

AllOut.org vient de lancer une pétition adressée à Randi Zuckerberg, responsable des campagnes à but social chez Facebook (et accessoirement sœur de Mark), afin que le réseau social permette à chacun-e de se définir comme il/elle le souhaite, sans être obligé-e d’entrer dans des cases trop serrées.

«Des métis du Népal aux travestis du Brésil en passant par les toms des Philippines, il y a des millions de personnes qui ne se définissent pas comme «homme» ou «femme» – les deux seuls intitulés proposés par Facebook, rappelle AllOut.org. Le Népal, l’Inde et le Pakistan font partie des premiers pays à maintenant reconnaître légalement la diversité du genre – tout comme le nouveau concurrent de Facebook, Google+.» On peut également ajouter l’Australie à la liste, où la Justice a estimé que l’on pouvait être ni homme ni femme.

«Si Facebook était un pays, ce serait le troisième le plus peuplé au monde», souligne l’organisation, qui poursuit: «Facebook donne la possibilité de créer et de personnaliser son identité en ligne: par exemple, on peut indiquer les langues que l’on parle, et même se prétendre bilingue en «langue de l’amour». Si nous pouvons changer à l’envi nos langues, nos religions et nos intérêts, pourquoi imposer des limites sur une question aussi essentielle que celle du genre?». Pour alimenter son propos, AllOut.org présente les portraits de 5 de ses membres directement concerné-e-s par la question: Sanne, androgyne; Mikaela, genderless/multigenre; Deen, transsexuel; Sina, pangender/genderqueer et E, genderqueer.

GRAMMAIRE
L’un des arguments invoqués par Facebook
pour obliger ses internautes à se sexuer est la grammaire, en particulier la difficulté à garder une neutralité lors de la traduction dans diverses langues. Un souci qui ne semble pas, pour l’instant, inquiéter Google+, dont l’une des responsables, Frances Haugen, a expliqué que la possibilité de ne pas dévoiler son genre au monde entier a très vite été réclamée par les utilisateurs/trices. Google+ s’apprête donc à jongler autant que possible avec une neutralité parfois grammaticalement bancale en fonction des choix de visibilité de chacun-e: «nous accordons plus d’importance à la vie privée des internautes qu’à la perfection grammaticale», indique Frances Haugen dans la vidéo ci-dessous:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur ‪July 12, 2011 – Google+ Update‬

«Facebook s’est ouvert sur la diversité pour les religions, la politique, le langage, sur presque tout sauf sur la question du genre, affirme Prerna Sampat d’AllOut.org, interviewée par Écrans. Notre crainte est que la communauté trans’ soit forcée d’être invisible dans cette nouvelle ère de l’identité numérique. Ce serait profondément immoral et contraire à l’éthique.»

La pétition d’AllOut.org

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