Quelques jours avant la démission forcée du gouvernement fédéral canadien, le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme Jason Kenney (photo ci-dessus) annonçait un plan d’aide aux réfugiés LGBT, qui consiste en une aide de 100000 dollars canadiens (70000 euros). Le programme, qui sera géré par une association, a pour  objectif de guider les réfugié-e-s, les loger, les nourrir, et les aider à s’installer et à trouver un emploi. La somme de départ a vocation à être complétée grâce au secteur privé.

Si certains activistes LGBT redoutent un effet d’annonce venant d’un ministre qui s’était jusqu’ici montré peu gay-friendly, et d’un gouvernement conservateur sur la sellette, on ne sait pas encore si cette mesure verra le jour malgré le désordre institutionnel qui règne en ce moment au Canada: des élections anticipées auront lieu le 2 mai prochain. Mais Helen Kennedy, présidente d’Egale Canada, est confiante: « L’argent est dans la banque! ironise-t-elle. Ces gens viennent de pays qui sont hors de contrôle. Ils arrivent ici, uniquement avec les vêtements qu’ils ont sur le dos. Et il faut encore qu’ils arrivent à convaincre qu’ils ont le droit d’être ici. » Elle considère l’aide apportée aujourd’hui par le gouvernement comme un bon début: « C’est un premier pas, mais nous ne sommes pas naïfs au point de croire que ça suffira. C’est dur. Ici aussi des réfugiés sont expulsés. Le Canada a une bonne législation pour les LGB (pas pour les trans’), mais l’homophobie à l’école et au travail est aussi élevée qu’en France ou en Angleterre ».

En France, selon Thomas Fouquet-Lapar de l’Ardhis, les demandeurs d’asile reçoivent 320€ par mois et ont accès à la CMU mais n’ont pas le droit de travailler, ce qui rend leur situation extrêmement précaire. En outre, la question de la légitimité d’une aide spécifique aux LGBTI (et non aux autres) peut se poser. Si leur hébergement dans des centres d’accueil peut s’avérer particulièrement problématique dans la mesure où ils peuvent se retrouver face au même type de harcèlement que celui qu’ils ont fui, Thomas Fouquet-Lapar explique que la réflexion de l’Ardhis à ce sujet est en cours. Helen Kennedy relativise: « Nous parlons de la frange la plus marginalisée de notre communauté, surtout ceux qui proviennent des pays afro-caribéens et qui souffrent de discrimination raciale et homophobe de surcroît. Il faut les aider ».

À noter: L’Ardhis animera un atelier sur les demandes d’asiles des homosexuels et la problématique de la preuve, Samedi à 14h Paris, Espace des Blancs-Manteaux, dans le cadre du Printemps des Assoces.

Cet article vous a plu? Soutenez notre travail en cliquant ici.