Jean Royer était bien connu des militants homosexuels dans les années 70, puisque celui qu’on surnommait le « père la pudeur » s’était fait le pourfendeur de la libération des mœurs post Mai 68. Maire de Tours de 1959 à 1995, il fut régulièrement la cible des associations homos. En 1971, comme le rappelle le site Hexagone gay, le MLF et le FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) manifestent à Tours contre Jean Royer qui avait porté plainte contre Jean-Paul Sartre parce qu’il « incite à toutes les libertés sexuelles ». Jean-Paul Sartre avait donné la parole aux homosexuels du Fhar dans le numéro 12 de « Tout ! ».

Dans les années 70, ses meetings sont régulièrement chahutés par des femmes qui manifestent seins nus, notamment lors de la présidentielle de 1974 où il se présente comme candidat de l’ordre moral et fait un fiasco (voir cette vidéo d’une de ses allocutions télévisées sur le site de l’Ina).

MARCHE HOMOSEXUELLE À TOURS
En 1994, une des toutes premières marches homosexuelles de province a lieu à Tours, pour manifester contre Jean Royer, qualifié « d’homophobe ». La ville connaît d’ailleurs une forte mobilisation associative et festive durant toutes ces années, en résistance à la politique de ce maire particulièrement réac.

En 1995, Jean Royer sera battu aux municipales par le socialiste Jean Germain et en 1997, c’est Renaud Donnedieu de Vabres qui le remplace sur son siège de député d’Indre-et-Loire. Ce dernier sera menacé d’outing en 1998 par Act Up-Paris pour avoir participé à la manifestation anti-Pacs de Christine Boutin, son homosexualité étant révélée quelques années plus tard.

Depuis plusieurs années, Jean Royer était atteint de la maladie d’Alzheimer. Il est mort à l’âge de 90 ans.

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