C’est par Twitter que les menaces sont arrivées: « Parce que vous avez offensé la bonté de Dieu vous devez mourir », « Soyez prudent si vous quittez la maison, vous pourriez ne pas y revenir », et une troisième, « La mort vient, vous n’aurez pas à attendre longtemps ».

OUVRIR LE MARIAGE AUX COUPLES DE MÊME SEXE
C’était le 18 mars dernier, il y a moins d’une semaine. Jean Wyllys, ex-candidat de Big Brother Brésil, élu député le 1er février dernier sur la liste du Partido Socialismo e Liberdade (PSOL) à Rio de Janeiro, s’est attiré les foudres de chrétiens fondamentalistes parce qu’il s’apprête à présenter un amendement à la Constitution visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, le 29 mars prochain, à l’occasion du lancement du Frente parlamentario mixto por la ciudadanía LGBT, un groupe composé de députés et de sénateurs de différents partis.

Les menaces émanent, semble-t-il, non seulement d’opposants au Brésil mais aussi des États-Unis et du Royaume-Uni notamment.

« NE PAS SE LAISSER INTIMIDER »
Plusieurs associations LGBT ont apporté leur soutien à Jean Wyllys. « Nous vivons dans une démocratie régie par une Constitution, rappelle l’Associação brasileira de lésbicas, gays, bissexuais, travestis e transexuais (ABGLT), au nom des 237 associations qui la composent. Nous ne vivons pas dans une théocratie régie par un livre sacré. Dans une démocratie, par définition, chacun a des droits et des devoirs, dont le droit à la vie et le devoir de ne pas commettre de crimes. Le député Jean Wyllys cherche à faire appliquer les articles 3 et 5 de la Constitution, le premier interdisant les discriminations, le second disposant que nous sommes tous égaux devant la loi, sans distinction aucune. (…) ABGLT demande au député Jean Wyllys de ne pas se laisser intimider par ces menaces et de continuer à montrer le bel exemple d’un parlementaire au service de son électorat, s’acquittant de son mandat avec éthique et conformément aux principes constitutionnels. »

« SIGNAL D’ALARME »
Jean Wyllus peut aussi compter sur le soutien d’associations étrangères, comme la Federación argentina de lesbianas, gays, bisexuales y trans (FALGBT), qui a dénoncé « énergiquement » les menaces de mort. « Ces attitudes violentes du fondamentalisme catholique et évangélique doit agir comme un signal d’alarme sur la nécessité de légiférer en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, a déclaré son président, Esteban Paulón. (…) Nous félicitons Jean Wyllys pour son projet d’amendement constitutionnel. Nous espérons que le Brésil sera le prochain pays de la région à avancer vers la reconnaissance complète du droit au mariage pour les couples de même sexe et à garantir ainsi l’égalité devant la loi pour tou-te-s ses citoyen-ne-s. »

« ANTIDÉMOCRATIQUE »
En Espagne, la Federación estatal de lesbianas, gais, transexuales y bisexuales (FELGTB) a tenu à souligner, par la voix de Gabriel Aranda, chargé des questions internationales, que « l’institution du mariage doit être la même pour toutes les personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle, et que la meilleure façon de la renforcer est de l’étendre à tou-te-s. (…) Menacer un député qui défend ses idéaux dans le cadre parlementaire est antidémocratique (…). Les groupes religieux ne peuvent pas se prévaloir de la liberté de culte pour s’attaquer aux droits fondamentaux ou menacer qui que ce soit. »

Même son de cloche au Chili, où le Movimiento de integracion y liberacion homosexual (Movilh) a exprimé « sa très grande préoccupation » et « toute [sa] solidarité » à Jean Wyllys.

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