Liz Taylor semblait insubmersible. Elle est morte ce mercredi matin d’une insuffisance cardiaque. Mais maintes fois elle avait frôlé la mort, le racontant en plaisantant dans ses interviews.

INCROYABLE BEAUTÉ
Elizabeth Taylor est née en Angleterre en 1932. Dès l’âge de 10 ans, elle tourne son premier film et elle ne quittera plus les plateaux. Sa célébrité, elle la doit surtout à son incroyable beauté et à ses qualités d’actrice. Comme aucune autre, elle savait attirer l’attention des médias et les mots « people » et « paparazzi » semblaient avoir été inventés pour elle. Mariée huit fois (dont deux fois avec Richard Burton), elle état aussi très proche des gays.

« FRÈRES »
J’avais eu l’occasion de l’interviewer pour le numéro 100 de Têtu. Elle m’expliquait que les gays étaient ses « frères ». Elle me confiait aussi qu’elle avait toujours « détesté être célèbre ». Même si elle ajoutait: « Lorsque j’ai commencé mon combat contre le sida, j’ai compris que pour une fois dans ma vie, je pouvais utiliser mon statut de star pour me rendre utile ».

LE COMBAT DE SA VIE
Car depuis les années 80, ce n’est plus le cinéma qui l’occupera mais le combat qui deviendra celui de sa vie, la lutte contre le sida. Peu de temps après la mort de Rock Hudson en 1985, elle lance l’AmFAR (American Foundation for Aids Research). Au début, le milieu du cinéma lui tourne le dos: « Comment une star de son envergure peut-elle se préoccuper du sort des homos? », pense-t-on du côté d’Hollywood.

Elizabeth Taylor est de toutes les conférences mondiales contre le sida. Je me souviens de celle de 1996, à Vancouver. Devant un parterre de médecins et d’activistes, elle casse la baraque. Alors que les trithérapies commencent à être commercialisées, elle fustige le gouvernement canadien qui refuse de les mettre à disposition: « Franchement, j’attendais vraiment mieux d’un pays riche et développé », lance-t-elle, reprenant les intonations de l’héroïne de La Chatte sur un toit brûlant ou de Cléopâtre. La salle applaudit à tout rompre. Il faut imaginer ce que les paroles et la simple présence de celle qui restait la vedette la plus célèbre du cinéma pouvaient provoquer lorsque le sida ne faisait pas encore la Une des médias.

« PRENDRE LA VIE À BRAS LE CORPS »
Avec acharnement, elle mobilise le milieu du cinéma chaque année à Cannes, vend ses innombrables bijoux (mais pas tous…). Et se prête volontiers à des actions de collecte de fonds en posant ses conditions: il faut que l’événement rapporte au moins un million de dollars! Celle qui avait un jour déclaré qu’elle voulait « prendre la vie à bras le corps et en tirer le maximum » n’y aura pas trop mal réussi. Ses films (Qui a peur de Viriginia Woolf, Soudain l’été dernier, Une place au soleil, Géant) restent comme les étoiles du Hollywood triomphant.

Et en utilisant son charisme et sa notoriété, elle aura sauvé un grand nombre de vies. Ce fut là son plus beau rôle.

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