Une nouvelle déclaration visant à mettre fin aux violences et discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre a été présentée aujourd’hui, mardi 22 mars, au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, à Genève, par le représentant de la Colombie.

Signée par 83 pays, cette déclaration fait suite à celles du 18 décembre 2008 (68 États) et à de 2006 (54 États). Le Comité Idaho, qui souligne « un progrès notable », se réjouit de ce que « les pays qui reconnaissent que les droits de l’Homme sont indivisibles » soient « de plus en plus nombreux » et félicite « les gouvernements, dont la France, qui ont joué un rôle actif dans cette campagne ».

« AVANCÉE CONSTANTE »
« Le succès de cette nouvelle initiative témoigne de l’avancée constante de cette question au sein des Nations unies et parmi les États, se félicite d’ailleurs la France. Alors que les personnes LGBT sont encore trop souvent victimes d’intimidations, d’actes de violences ou encore d’arrestations arbitraires, la France continuera d’appeler à une dépénalisation universelle de l’homosexualité, à veiller à la situation des défenseurs des droits de l’Homme engagés sur ces questions, à soutenir les actions de la société civile, et à faire en sorte que les Nations unies restent saisies de la question. »

Comme l’explique le président du Comité Idaho, Louis-Georges Tin, sur L’Observatoire de la Diversité, le texte présenté est une déclaration, « un texte symboliquement fort, mais non contraignant ». Le comité Idaho appelle donc « désormais les Nations Unies à présenter prochainement une véritable résolution, pour aller plus loin. Une véritable résolution permettrait d’exercer une pression plus forte sur les 80 pays du monde, qui pénalisent encore l’homosexualité ».

VERS UNE RÉSOLUTION?
« Évidemment, si l’on faisait demain une résolution, certaines signatures feraient certainement défaut, car les résolutions obligent plus que les déclarations, écrit Louis-Georges Tin. Mais si l’on restreignait l’agenda international uniquement à la « pénalisation », en laissant de côté la « discrimination », qui est un autre sujet, et qui serait plus efficacement traité dans les enceintes nationales ou régionales, on récupérerait sans doute beaucoup d’autres signatures, ce qui compenserait largement le déficit lié au passage de la déclaration à la résolution. Bref, un texte moins ambitieux dans son contenu, mais plus contraignant dans son application nous permettrait d’espérer pour bientôt une résolution, afin que dans le monde entier, on puisse proclamer universellement le droit d’être et d’aimer en toute liberté. »

[mise à jour, 17h32] « Plus de 80 pays ont signé cette déclaration, le chiffre le plus élevé de signataires pour une déclaration de l’ONU sur les questions LGBT, a déclaré Jeremy Browne, le ministre des Affairs étrangères du Royaume-Uni. Cela montre la détermination de la communauté internationale à attirer l’attention sur la situation particulièrement difficile en termes de droits humains à laquelle sont confrontées de nombreuses personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Il va sans dire que tous les États doivent garantir un même niveau de reconnaissance et de protection à tous leurs citoyens. »

De son côté, le Vatican a tenu à rappeler la distinction entre orientation sexuelle (qui concerne les sentiments) et le comportement (la sexualité elle-même). Et s’inquiète, au passage, de la stigmatisation dont sont victimes celles et ceux qui prennent position contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe…

[mise à jour, 23 mars, 12h39] Les pays signataires sont désormais 85 (la Mongolie et le Vanuatu se sont ajoutés à la liste: Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Belgique, Bolivie, Bosnie, Brésil, Bulgarie, Canada, Centrafrique, Chili, Chypre, Costa Rica, Croatie, Cuba, Danemark, Dominique, Équateur, Espagne, Estonie, États-Unis d’Amérique, Fiji, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Guatemala, Honduras, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lichtenstein, Lituanie, Luxembourg, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Malte, Iles Marshall, Mexique, Micronésie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Nauru, Népal, Nicaragua, Norvège, Nouvelle-Zélande, Palau, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République dominicaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Rwanda, Salvador, Samoa, San Marin, Serbie, Seychelles, Sierra Leone, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Thaïlande, Timor-Leste, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Venezuela.

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