Tourné avant la révolution qui a conduit à la chute du dictateur Ben Ali, Du sida et des hommes, diffusé ce vendredi, à 22h, en clair, sur PinkTV, est le portrait passionnant d’une jeunesse tunisienne en manque de travail et d’information sur la santé et celui d’un pays qui refuse de voir la réalité du sida en face.

Au fil du documentaire, la réalisatrice Élodie Colomar interviewe des personnes atteintes, des médecins ou des responsables d’association. Elle suit longuement Jimmy, séropositif depuis les années 80 et qui met toute son énergie à informer et à éduquer à la prévention.

LE DÉSENCHANTEMENT DES JEUNES
Même si ce n’est pas le sujet du film, le désenchantement des jeunes, leur demande d’informations dans un pays où celle-ci est censurée, le poids des coutumes et de la religion, font mieux comprendre ce qui a pu se passer durant les événements du début d’année.

Tournée entre 2007 et 2010, ce documentaire permet aussi de voir des actions de prévention et donne la parole à des hommes gays qui parlent à visage découvert. Dans un pays arabe, c’était déjà une gageure de réussir à les faire témoigner. Autre séquence poignante, celle durant laquelle des élèves d’une école expliquent que les responsables ne souhaitent pas qu’un séropositif vienne témoigner de sa vie avec le sida.

Le tourisme sexuel semble jouer un rôle non négligeable dans la propagation du virus et Onusida estime que la prostitution, féminine et masculine, est responsable de 20% des contaminations. Onusida estime également que 8700 personnes vivent avec le VIH en Tunisie alors que les chiffres officiels sont de 3000 séropositifs déclarés.

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