Elle est sans doute la première personne homosexuelle à être distinguée par la République pour son combat contre les discriminations à l’encontre des LGBT.

Lundi 21 mars, Catherine Tripon, 50 ans, porte-parole de L’Autre Cercle, fédération pour la lutte contre les discriminations LGBT dans le monde du travail, recevra l’ordre national du Mérite, des mains du président de la Halde, Éric Molinier.

Si le décret paru au Journal officiel du 15 mai 2010 indique simplement qu’elle est récompensée en tant que « membre d’associations de lutte contre les discriminations », il ne fait aucun doute aux yeux de Catherine Tripon que c’est pour son travail sur les questions LGBT que cette médaille lui sera remise. « C’est bien à ce titre que mon nom a été proposé en 2006, même si aujourd’hui mon combat est plus générique, confirme-t-elle, jointe par Yagg. Je suis tombée dans la marmite de la diversité, je me suis d’ailleurs beaucoup enrichie au contact de militants sur d’autres critères de la diversité. »

« C’EST TOUTE LA COMMUNAUTÉ LGBT QUI EST RÉCOMPENSÉE »
« C’est une première, c’est toute la communauté qui est récompensée, ajoute-t-elle. On donne l’ordre national du Mérite à beaucoup de monde, il était temps que ça s’ouvre. »

« J’ai toujours trouvé que ce combat s’inscrivait dans un combat global, poursuit-elle. Pour me remettre cette récompense, je cherchais quelqu’un qui symbolise cela. Éric Molinier est un type génial, quelqu’un de majeur sur le combat du handicap, avec de grandes qualités humaines. Il a dit oui tout de suite, ça m’a beaucoup touchée. »

Arrivée presque par hasard à L’Autre Cercle en 2001, « par un copain qui en avait entendu parler », Catherine Tripon a adhéré très vite. « Je suis quelqu’un qui a eu la chance de ne jamais subir de discrimination, ni en tant que lesbienne, ni en tant que femme, contrairement à ma compagne, Catherine, qui a été victime d’homophobie, raconte-t-elle. J’ai découvert que les discriminations et le harcèlement homophobes n’étaient pas si à la marge. C’est un sujet qui est encore compliqué aujourd’hui, mais j’aime bien ce qui est compliqué. J’ai un côté David contre Goliath. J’aime bien l’idée de m’attaquer à ce qui paraît gros et inatteignable et de le faire changer. Tout le monde peut changer, c’est ce que j’ai appris du milieu associatif LGBT. J’ai envie de convaincre des gens qui sont sceptiques par nature. »

Découvrez ci-dessus notre reportage lors de la présentation, le 10 février dernier, de l’étude « La vie des LGBT au travail en 2011 » (lire Exclusif: Les comportements homophobes dans l’entreprise sont rarement sanctionnés, révèle une étude de L’Autre Cercle).

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