« Aujourd’hui se termine l’aventure de Pref Mag et c’est avec tristesse, mais aussi avec fierté, que nous devons déposer le bilan »: c’est par ces mots que Jacques Raffaelli et Christopher Gaspar, les fondateurs du bimestriel gay, ont annoncé dimanche 13 mars via un communiqué la fin de leur magazine, créé il y a 7 ans.

En cause, un « équilibre financier précaire » comme l’explique à Yagg Jacques Raffaelli, dû à une baisse des recettes publicitaires (avec des annonceurs réglant la facture « à 90 voire 180 jours ») et des ventes « conjoncturelles et aléatoires » (celles-ci oscillant entre « 8000 et 20000 exemplaires » par numéro).

« GÉNÉREUX MÉCÈNE »
Jacques Raffaelli sentait le vent tourner « depuis 5-6 numéros ». Et comme il le rappelle dans le communiqué: « Nous n’avions pas à nos côtés de généreux mécène qui assure une sécurité, mais c’était aussi le prix à payer pour notre indépendance ». Car, explique-t-il, le magazine voulait se démarquer du leader Têtu (qui connaît aussi actuellement des difficultés) autant par sa « structure artisanale » dans un secteur – la presse – qui est de plus en plus une « industrie », que dans sa ligne éditoriale: « Têtu est dans la consommation, nous étions dans la réflexion. Notre modèle, c’était Gai Pied ». Un avis partagé par Mike Nietomertz, qui fut journaliste et secrétaire de rédaction au sein de Pref Mag: « Nous défendions la diversité du pédé par rapport à une image lisse du gay ». Même si parfois, certaines couvertures de Pref Mag ressemblaient à celles du grand frère? « C’était notre seule concession, confirme Jacques Raffaelli, il y a malheureusement des règles dans l’impulsion d’achat ». « Mais les gens se rendaient compte en ouvrant le magazine que le contenu était vraiment différent », ajoute Mike Nietomertz. Plus queer, c’est certain.

« Le titre va être placé en liquidation judiciaire et la marque Pref Mag sera peut-être à vendre », explique Jacques Raffaelli. « Peut-être nous retrouverons-nous, un jour ou l’autre, pour un nouveau projet. Vous allez vraiment nous manquer », conclut-il dans le communiqué.

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