International Women's Day logoAlors que la Journée de lutte pour les droits des femmes fête ses 100 ans (oui, ça fait déjà 100 ans et il y a encore du boulot), les associations LGBT et de lutte contre le sida rappellent quelques principes.

« VISION STÉRÉOTYPÉE »
« Les inégalités femme/homme, le sexisme et l’hétérosexisme persistent dans de très nombreux pays dont la France est loin d’être exclue, écrit l’Inter-LGBT dans son communiqué. Toutefois, ces combats sont quotidiens et ne sauraient se réduire à une seule journée par an. » « L’Inter-LGBT tient à réaffirmer toute sa détermination à faire reculer toutes les discriminations, mettre fin aux inégalités en droit et permettre à toute personne de vivre librement et dignement où qu’elle soit, poursuit le collectif. (…) l’acceptation de toutes les orientations sexuelles et la remise en cause de la binarité figée du genre bouleversent la vision classique, hétéronormée et sexiste de la société. Or c’est bien cette vision stéréotypée qui fonde la pénalisation encore persistante de l’homosexualité dans de trop nombreux pays. »

« LES DROITS DES FEMMES SONT UNIVERSELS »
De son côté, le Centre LGBT Paris IdF souligne que « les droits humains sont universels ». « Les personnes LGBT réclament le respect, la liberté de vivre avec leurs différences; elles veulent l’égalité des droits. Leurs revendications sont universelles et en matière de droits humains LGBT rien ne différencie entre eux, les gays, les lesbiennes, les bisexuels et les trans’ du monde entier, écrit sa présidente, Christine Le Doaré. Pour les femmes il en va de même, les droits des femmes sont universels. Aucune femme, nulle part au monde, ne souhaite, à moins d’avoir subi un odieux conditionnement, être infantilisée, effacée, isolée, niée, sous-payée, brutalisée, mariée de force, excisée, violée… L’universalisme des valeurs de liberté et d’égalité n’est pas réservé qu’aux hommes. (…) Les luttes pour les droits et libertés des personnes LGBT doivent beaucoup aux luttes féministes, il est vrai que le sexisme fait le lit de l’homophobie, de la lesbophobie et de la transphobie. Sans domination masculine, pas d’oppression des femmes, pas de rôles de genres impartis aux uns et aux autres, plus de privilèges à défendre et donc plus non plus d’homophobie. Les femmes et les LGBT sont donc des alliés objectifs, ensemble avec tous ceux qui œuvrent pour une société plurielle et libre, fêtons le 8 mars et avançons vers l’émancipation des femmes et l’égalité entre les sexes ici en France, comme ailleurs. »

« DOUBLE DISCRIMINATION »
Même son de cloche de la part du Collectif des associations étudiantes LGBT d’Ile-de-France (Caélif): « Les personnes LGBT exigent une égalité de droit afin que, à l’instar des mouvements féministes, elles puissent s’attaquer en profondeur aux mécanismes inconscients qui façonnent toujours une société patriarcale et hétérosexiste. (…) [Le Caélif] se sent d’autant plus proche [des mouvements féministes] que de nombreuses femmes composent le mouvement LGBT: les récentes études sur la lesbophobie montrent que les lesbiennes et bisexuelles sont potentiellement exposées à une double discrimination – l’homophobie et le sexisme. »

FÉMINISIME ET SIDA
Les trans’ « demeurent les ultimes victimes du sexisme », renchérit Act Up-Paris, qui précise qu’elles « sont donc surexposées au VIH ». « Comment parler de féminisme sans parler de sida?, s’interroge l’association. À l’échelle mondiale, près de la moitié des personnes vivant avec le VIH sont des femmes. Les pouvoirs publics et l’industrie pharmaceutique exposent encore davantage les femmes: elles sont sous-représentées dans les essais thérapeutiques et leurs spécificités biologiques ne sont pas prises en compte pour l’étude des effets secondaires. Il n’existe aucune mesure ciblée contre les discriminations des femmes séropositives. »

L’Intergroupe sur les droits LGBT du Parlement européen insiste également sur le fait que « les femmes qui sont lesbiennes, bi et/ou trans’ sont souvent confrontées à plus de préjugés, de discrimination et d’exclusion sociale – à la fois en tant que femmes et parce qu’elles appartiennent à une minorité ».

Quant à l’Ilga-Europe, elle laisse la parole aux femmes de son bureau exécutif, qui reviennent sur 15 ans (l’âge de l’association) d’engagement des femmes dans le mouvement LGBTI:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur International Women’s Day 2011

« Aujourd’hui, les femmes du monde entier passent en revue les avancées dans leur lutte pour l’égalité, expliquent-elles dans la vidéo. C’est aussi l’occasion de s’unir, d’échanger et de se mobiliser pour des changements significatifs. Il fut un temps où les femmes étaient largement sous-représentées dans le mouvement LGBTI européen. Il y avait – et il y a toujours – des barrières importantes à la participation des femmes: les normes sociales, le patriarcat, l’hétéronormativité. Pour se battre pour l’égalité des droits pour tous, le mouvement se devait d’inclure pleinement tout le monde et d’être représentatif. Il y a effectivement plus de femmes dans le mouvement LGBT aujourd’hui qu’il y a 15 ans. Mais pas assez. »

À lire aussi, cet excellent post de Maria Candea, de l’association Mix-Cité Paris, sur l’Observatoire de la Diversité: Journée de « la femme », « des droits des femmes » ou fête à neuneu?

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