L’affaire remonte à la nuit du 21 au 22 février 2009. Deux hommes marchent main dans la main sur le boulevard de la Sauvenière, à Liège. Une voiture s’arrête près d’eux, cinq jeunes gens en sortent et les insultent. Les deux hommes sont ensuite frappés par l’un des jeunes, encouragé par ses amis.

Quatre des cinq jeunes gens (le cinquième était mineur au moment des faits) ont été condamnés la semaine dernière par le tribunal correctionnel de Liège. L’auteur des coups a écopé de 150 heures de peine de travail pour coups et blessures avec circonstance aggravante et injure. Le tribunal a retenu contre les trois autres l’incitation à la haine, punie en l’espèce de 5 mois de prison avec sursis et 275 euros d’amende.

Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (l’équivalent de la Halde française) s’était porté partie civile aux côtés des victimes. Dans un communiqué, son directeur, Edouard Delruelle, a « estimé particulièrement important et positif le fait que le tribunal ait reconnu non seulement le caractère homophobe de l’agression, en tant que circonstance aggravante des coups et blessures portés, mais aussi les faits d’incitation à la haine ».

« Le Centre reçoit relativement peu de signalements de «crimes de haine homophobe», pour divers motifs tels que la crainte de représailles, une certaine résignation ou l’impression que cela ne servira à rien, souligne le communiqué. Ce jugement montre pourtant toute l’utilité d’une telle démarche et de l’intervention du Centre ou de ses partenaires associatifs. Le Centre rappelle à cet égard que la police est tenue d’enregistrer le caractère éventuellement homophobe d’une agression. Cet enregistrement peut être une donnée essentielle pour la suite judiciaire d’une telle agression. »

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