Bruno WielLe procès des agresseurs présumés de Bruno Wiel (photo) se tiendra du 18 au 28 janvier prochain devant la cour d’assises du Val-de-Marne, à Créteil.

Le 21 juillet 2006, Bruno Wiel, 28 ans, était retrouvé dans le parc des Lilas à Vitry-sur-Seine, nu, couvert d’ecchymoses. Victime d’un traumatisme crânien et thoracique, il avait été placé en coma artificiel pendant plus d’un mois. Un appel à témoin avait été lancé par la police judiciaire, et relayé par des médias généralistes (Le Parisien, TF1) et communautaires, les établissements, les blogs.

FRAPPÉ AVEC ACHARNEMENT
Trois jeunes gens ont reconnu l’agression en septembre 2006, un quatrième s’est livré à la police en février 2007. Les quatre hommes, âgés à l’époque des faits de 20 à 26 ans, ont été mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire, enlèvement et séquestration, actes de torture et de barbarie avec la circonstance aggravante de l’orientation sexuelle de la victime ». Les agresseurs présumés de Bruno Wiel l’avaient abordé à la sortie du Banana Café, dans le quartier des Halles, à Paris, avec l’intention de le dévaliser. Lorsqu’ils se sont aperçus qu’il n’avait sur lui rien de valeur, ils l’ont frappé avec acharnement.

D’AUTRES AGRESSIONS DU MÊME TYPE
L’enquête a aussi montré que trois d’entre eux étaient mêlés à d’autres agressions du même type, en juin et en août 2006. « Il s’agit du même contexte que le « gang des barbares », à Bagneux, qui avait une prédilection pour les juifs, sauf qu’ici, les victimes sont des homosexuels, déclarait Me Sophie Maltet, l’avocate de Bruno Wiel, à L’Express, en juillet 2008. On retrouve le même fantasme de l’argent et le déferlement de violence. »

« ME RÉAPPROPRIER MON HISTOIRE »
Après sa sortie du coma, Bruno Wiel avait passé encore six mois à l’hôpital puis était parti vivre chez sa mère. Il ne vit seul que depuis avril 2010, comme il l’expliquait en mai dernier à Lexpress.fr. « Je n’ai aucune mémoire de cette terrible agression, indiquait-il dans la même interview. J’ai aussi oublié les quelques semaines la précédant. (…) J’ai donc dévoré à plusieurs reprises mon dossier pénal avec les déclarations de mes agresseurs afin de me réapproprier mon histoire. Mais même en relisant cette tragédie aucun souvenir n’est réapparu. (…) Je n’aime plus qu’une chose, c’est passer inaperçu. Ma vie a donc totalement changé et j’en ai fait le deuil difficilement. »

Du procès qui va débuter il disait alors qu’il l’attendait parce qu’il lui permettrait de tourner la page et « de ne plus être ce « gay agressé des journaux » » mais qu’il appréhendait l’épreuve. SOS homophobie, représentée par Caroline Mécary, va se constituer partie civile.

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