Pour sa première interview en tête-à-tête à un média LGBT, Barack Obama a choisi The Advocate. La rencontre entre la correspondante à Washington du magazine, Kerry Eleveld, et le président des États-Unis a eu lieu dans le Bureau oval mardi en fin d’après-midi, la veille de la signature par Barack Obama de la loi qui met fin à 17 ans d’interdiction de coming-out pour les militaires homos. S’il parle bien sûr de Don’t ask, Don’t tell (DADT) – « L’une des raisons pour lesquelles je suis aussi fier [de cette abrogation] est que c’est l’apogée d’une stratégie qui a débuté la semaine où j’ai pris mes fonctions »–, Barack Obama aborde aussi le sujet de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

« UNE UNION CIVILE FORTE »
Le président des États-Unis répète ce qu’il a dit aux blogueurs qu’il a rencontrés en octobre dernier: c’est une question avec laquelle il n’est pas à l’aise, sur laquelle il évolue, affirme-t-il. « J’ai toujours pensé qu’il fallait une union civile forte qui apporte les mêmes droits que le mariage, dit-il. D’un côté, je pense que le mariage a traditionnellement une connotation différente. De l’autre, j’ai beaucoup d’ami-e-s très proches qui sont des couples gays ou lesbiens mariés. Je n’ai pas encore bouclé cette boucle, mais je m’interroge constamment. »

« Je crois que c’est une question de génération, poursuit-il. Quand on parle à des gens de 20 ans, ils ne comprennent pas pourquoi ça bloque, quelle que soit leur orientation sexuelle. Alors que lorsque l’on parle à des personnes plus âgées, la résistance est plus grande. (…) Ce que je sais c’est qu’au minimum, il faut que tous les couples gays et lesbiens aient au moins accès à une union civile solide. »

Une position qu’il a réaffirmée hier, lors de la conférence de presse qui a suivi la signature de la loi abrogeant DADT.

LA LOI, PLUS « LÉGITIME » QUE LA JUSTICE?
Sur la question de la non-discrimination à l’embauche (le projet de loi ENDA, attendu depuis longtemps par les militants LGBT a très peu de chances d’être adoptés avant les prochaines élections, dans deux ans), Barack Obama explique qu’un certain nombre d’avancées peuvent se faire sans passer par la loi, que ce soit par voie administrative, ou par le biais de la Justice.

La journaliste revient sur Don’t ask, Don’t tell, et Barack Obama promet que la mise en œuvre de l’abrogation est une question de mois, et certainement pas d’années.

Il saisit aussi l’occasion de préciser pourquoi il préfère que les évolutions se fassent via la loi plutôt que par des décisions de justice: « cela donne une légitimité, y compris auprès de ceux qui n’aiment pas le changement ».

Pour la petite histoire, cette interview est l’une des dernières de Kerry Eleveld pour The Advocate. En janvier, elle quittera le magazine pour rejoindre une nouvelle organisation, Equality matters, dont l’objet sera la lutte pour l’égalité devant le mariage. À la tête d’Equality matters, on retrouvera Richard Socarides, l’ancien conseiller de Bill Clinton sur les questions LGBT.

Photo Pete Souza/White House

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