Gérald Nanty, une figure des nuits parisiennes depuis 40 ans, s’est éteint, dimanche 19 décembre, a annoncé le site Pure People.

LE « BOUDOIR DES STARS »
L’ami des stars (Françoise Sagan, Thierry Le Luron, Yves Saint Laurent…) fut à la tête de quelques clubs célèbres, comme Le Colony ou le Club 65 – avec la future Nicoletta derrière les platines et Guy Marchand au bar! Le dernier-né, le Mathis était et est toujours surnommé le « boudoir des stars » car Gérald Nanty avait pour habitude de tenir salon, à mille lieux du clubbing de masse. Dans une interview donnée à L’Express en 2006, Gérald Nanty se vantait même d’avoir refoulé à l’entrée Madonna, parce qu’elle s’était « pointée sans prévenir avec ses 15 gardes du corps ».

GAY MAIS PAS SPÉCIALEMENT MILITANT
Dans un savoureux portrait signé Éric Dahan dans Libération, toujours en 2006, Gérald Nanty était croqué comme un amoureux des bons mots qui parle au féminin, gay pas spécialement militant, qui n’a « jamais foutu les pieds à une gay pride »: « Nanty se dit socialiste, écrit le journaliste, trouve le pacs « bien », le mariage gay « moins bien » et dit « pourquoi pas? » à l’adoption par deux parents du même sexe ». L’oiseau de nuit raconte aussi sa rencontre avec Valentino, le futur grand couturier: « Le premier étage du Flore, c’était à se flinguer de tristesse. Je me suis donc mis en terrasse et tout à coup j’ai vu arriver la Valentino avec Gladys et Gwendoline, ses deux caniches habillés en cuir. Il était splendide, un mélange de Delon et de Marc Porel, il m’a dragué pendant des jours avant que je fasse le saut de l’ange ».

LE COLONY, LE BRONX, LE TRAP
Gérald Nanty fut aussi un précurseur des nuits gays parisiennes. En 1972, il ouvre le restaurant-discothèque Le Colony (à deux pas du Sept de Fabrice Emaer), rue Sainte-Anne, grâce aux deniers de Roger Peyrefitte. Et un an plus tard, Le Bronx, le premier sex-club gay de la capitale (lire les archives d’Hexagone gay). En mai 1981, il crée un autre cruising-bar, Le Trap, rue Jacob, sur une idée de Thierry Le Luron. Il y avait « quelques planches de chantier dans lesquelles on perçait des glory-holes pour rigoler », raconte-t-il, dans Libération.

En 2007, Gérald Nanty avait publié avec Élisabeth Quin Bel de Nuit (Grasset), un livre de souvenirs.

Photo via LeFigaro.fr

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