PS smallCertes, le Parti socialiste a estimé, mardi dernier, que l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) « doit être ouvert aux femmes sans condition de situation de couple ou d’infertilité », et donc aux célibataires et aux couples lesbiens.

Mais dans le même temps, et c’est ce qui cause la déception de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), il a opté pour le maintien de l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA).

« ARGUMENTS LES PLUS CONSERVATEURS »
« Secoué depuis quelque temps par un débat interne opposant les pro et les anti-GPA, la direction du PS a cédé aux arguments les plus conservateurs, regrette l’APGL. Elle a ignoré ceux des intellectuels et des politiques démontrant qu’une légalisation encadrée avec des règles strictes permettrait d’éviter les dérives marchandes. Cette position – qui est plus le fruit d’un rapport de force entre les différents courants du PS que d’une réflexion politique et sociétale – va aboutir au résultat inverse de celui qui est recherché. »

« MARCHÉ NOIR DE LA GESTATION POUR AUTRUI »
« En effet, le maintien de l’interdit va davantage inciter les couples – hétérosexuels et homosexuels – à faire ce que certains médias ont appelé « du tourisme procréatif » et s’envoler à la recherche d’une mère porteuse vers des pays où cette pratique est légale ou simplement tolérée, souligne l’association. Il va aussi favoriser le développement, en France même via internet, d’un véritable marché noir de la gestation pour autrui. L’APGL – qui demande une légalisation encadrée de la GPA pour précisément éviter ces dérives – attendait, de la part du principal parti d’opposition, une réflexion plus approfondie sur un sujet aussi sensible. »

« UN CADRE CONTRE LES DÉRIVES »
Des regrets partagés par Homosexualités et Socialisme (HES), dont le président, Gilles Bon-Maury, signait il y a quelques jours, avec 59 autres personnalités « élues, expertes, militantes » (Elisabeth Badinter, Anne Cadoret, Patrick Bloche, Antoinette Fouque, Maurice Godelier, Serge Hefez, Bruno Julliard, Irène Théry, Serge Tisseron…), une tribune dans Le Monde, intitulée « Gestation pour autrui: un cadre contre les dérives« .

« La gestation pour autrui ne sera une authentique pratique altruiste que si elle est encadrée, écrivaient les signataires. (…) Au XXIe siècle, la fondation d’une famille est l’expression d’une volonté, c’est-à-dire de la conjonction d’une liberté individuelle et d’un projet partagé. La venue au monde d’un enfant résulte de cette liberté et de ce projet. Encadrer la gestation pour autrui, c’est reconnaître que cette liberté et ce projet ne s’arrêtent pas aux frontières biologiques. Des parents, des géniteurs, une gestatrice peuvent permettre, ensemble, la venue au monde d’un enfant. Il revient à la société de fixer le cadre nécessaire à la protection de cette liberté. »

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