Le tribunal de Boulogne-sur-Mer a accordé le changement d’état civil à Nathan Maquaire, trans’ FtM, sans qu’il ait eu à subir des expertises médicales. Nathan, âgé de 32 ans, se battait depuis des années pour faire reconnaître son identité. Selon Maître Geoffroy, son avocat, « le jugement est particulièrement satisfaisant d’autant que le tribunal a fait état, dans sa motivation, des graves difficultés que devait affronter M. Maquaire dans sa vie sociale et dans sa recherche d’emploi. »

« C’EST UNE LIBÉRATION POUR MOI »
Contacté par Yagg, Nathan ne cache pas sa joie: « Je suis très heureux, c’est une libération pour moi. Ce jugement va me permettre d’être reconnu par les gens en tant que Monsieur Maquaire. » Selon lui, le soutien de sa famille a été déterminant. « Mon père respecte mon choix, même s’il ne le comprend pas. Ma mère, qui a eu une réaction de rejet au départ, s’est par la suite renseignée, et depuis un an et demi, elle me soutient. »

Ce qu’il retient de ce combat, c’est l’attente: « On sait ce qu’on est, on sait ce qu’on veut, mais il m’a fallu attendre deux ans avant de pouvoir entamer le parcours de réassignation sexuelle. C’est très long. »

COMBATTRE LES DISCRIMINATIONS
Selon Maître Geoffroy, ce jugement devrait aider à combattre les discriminations et l’avocat se réjouit que la circulaire du 14 mai 2010 ait produit ses effets. Cette circulaire dispose en effet: « vous pourrez donner un avis favorable à la demande de changement d’état civil dès lors que les traitements hormonaux ayant pour effet une transformation physique ou physiologique définitive, associés, le cas échéant, à des opérations de chirurgie plastique (prothèses ou ablation des glandes mammaires, chirurgie esthétique du visage…), ont entraîné un changement de sexe irréversible, sans exiger pour autant l’ablation des organes génitaux. »

Dans le cas de Nathan, qui suit une hormothérapie et a fait pratiquer une hystérectomie, le tribunal a requis favorablement, sans qu’il y ait eu besoin de recourir à des expertises, « particulièrement traumatisantes », explique Maître Geoffroy.

Il reste que cette circulaire est très mal appliquée, comme le rappelait Sophie Lichten sur Yagg (lire Transidentité: il reste tant à faire). Et pour beaucoup, une loi serait aujourd’hui indispensable.

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