Marine Le PenIl n’y a pas que le parallèle entre les prières de rues de musulmans et l’occupation qui fait réagir – à juste titre – dans les récentes déclarations de Marine Le Pen. Le Centre LGBT Paris IdF, Tjenbé Rèd et Europe Ecologie – Les Verts (EELV) s’inquiètent en chœur de la façon dont la candidate à la tête du Front national (FN) tente de monter « discriminé-e-s contre discriminé-e-s », pour reprendre les termes d’EELV. « J’entends de plus en plus de témoignages sur le fait que dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc, » avait déclaré Marine Le Pen à l’AFP la semaine dernière.

LA RELIGION MUSULMANE PRINCIPALE SOURCE DE L’HOMOPHOBIE?
« Alors que Jean-Marie Le Pen s’était illustré par des propos particulièrement odieux contre les premières victimes du sida qui étaient à l’époque principalement des homosexuels masculins, Marine Le Pen prétend depuis quelques temps dénoncer l’homophobie en lui attribuant pour principale source la religion musulmane », écrit EELV dans un communiqué, dans lequel le parti politique « tient donc à rappeler que l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie sont encore très présentes dans l’ensemble de la société française et que leur trouver une cause culturelle ou religieuse unique est simpliste et politiquement inacceptable. Si quelques agresseurs de personnes LGBT se revendiquent parfois de l’Islam, ceux du kiss-in de Notre-Dame se revendiquaient de l’Église catholique (…). Et faut-il rappeler que les discours construits contre les personnes LGBT dans le paysage politique français émanent dans leur immense majorité de représentants bien installés de la droite traditionaliste et chrétienne, de Christine Boutin à Christian Vanneste? ».

De son côté, Tjenbé Rèd « réaffirme son entière solidarité avec les personnes LGBT de confession musulmane, nombreuses parmi ses adhérent/es et sympathisant/es. Plus largement, Tjenbé Rèd appelle les personnes LGBT à ne pas se laisser berner par les stratégies politiciennes qui, en opposant les minorités aux minorités, visent uniquement à les maintenir toutes en marge de l’égalité républicaine ».

SUR LES TRACES DE PIM FORTUYN
« Nous avons bien noté que Marine Le Pen prenait ses distances avec l’homophobie primaire dont a toujours fait preuve jusqu’ici le Front national mais nous ne sommes pas vraiment dupes et savons cette évolution calquée sur celle des partis d’extrême droite du nord de l’Europe, souligne pour sa part le Centre LGBT Paris IdF, qui fut le premier à réagir. Elle sert une stratégie électoraliste qui consiste à ajouter les personnes LGBT à la liste des victimes de la religion musulmane. Ces dernières années, les mouvements populistes d’extrême droite, néerlandais en particulier, ont clairement pris la défense des gays et des lesbiennes agressés dans les banlieues par des jeunes néerlandais d’origine arabe et ont ainsi fait d’une pierre deux coups, rallier un certain nombre d’homosexuels qui se sentent abandonnés par une politique de la ville souvent indigente et allonger leur liste des victimes de la religion musulmane, aidés en cela par un repli communautaire d’une partie de la population musulmane séduite par les thèses intégristes, violemment homophobes et sexistes. »

« N’oublions pas que Pim Fortuyn, gay et d’extrême droite, était devenu l’homme fort politique néerlandais avant son assassinat, la coalition politique actuelle s’intéresse de près aux politiques favorables aux personnes LGBT et Marine Le Pen marche sur leurs traces. »

Photo via BFM TV

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