Ingrid ChabbertUne nouvelle maison a fait son entrée dans le monde de l’édition jeunesse au printemps dernier. Les petits pas de Ioannis ne compte pour l’instant qu’une collection, « P’tites bulles de vie », mais déjà quatre ouvrages parus à la rentrée, dont l’un, La fête des deux mamans, parle d’homoparentalité. Quelques questions à Ingrid Chabbert, l’une des fondatrices des Petits pas de Ioannis et l’auteure de La fête des deux mamans.

Comment est née Les petits pas de Ioannis? Notre maison d’édition jeunesse est née en mars 2010. Nous lui avons donné le nom de notre petit garçon né sans vie en 2009. C’était pour nous une manière de continuer à le faire vivre et de publier des livres que nous aurions aimé lui lire.

Qui est derrière cette maison d’édition? Nous sommes deux, ma compagne et moi-même. Mais avec les premières auteures et illustratrices qui nous ont accompagnées dans ce premier catalogue, nous formons une sorte de grande famille. La plupart d’entre elles œuvrent beaucoup à nos côtés pour promouvoir leurs livres et notre maison.

À qui s’adressent les livres que vous publiez? Certains de nos albums, comme La fête des deux mamans, s’adressent vraiment aux enfants dès le plus jeune âge (2 ans). D’autres, comme Le feu transparent, conviennent mieux aux plus de 6 ans. Mais d’une manière générale, ils plaisent à tous ceux, petits et grands, qui aiment la littérature jeunesse. Par exemple, Les raccommodeuses des cœurs déchirés plaît beaucoup au public adulte également.

Vos premières publications suggèrent un certain engagement (homoparentalité, écologie, handicap…), vous voyez-vous comme une maison d’édition militante? Militante, je ne sais pas, mais citoyenne, oui. Notre ligne éditoriale première (abordant les faits de société et les événements de vie) est là pour éveiller l’enfant dans son cheminement, ses questionnements. Dès l’an prochain, une deuxième collection contiendra des albums plus « classiques » et légers. Mais nous tenons à cette image de maison engagée.

Ça ne fait pas peur de lancer une maison d’édition, à l’heure actuelle? Si, ça fait peur. Il y a beaucoup de maisons et les plus grosses ont un monopole écrasant. Et il n’est pas évident de pousser les portes de certaines librairies.

Consacrez-vous votre temps à 100% à la maison d’édition ou avez-vous un autre travail à côté? Pour ma part, oui… Ma compagne a de son côté conservé son poste.

Quels sont vos projets? Comment voyez-vous l’avenir? Nous avons déjà choisi les albums programmés pour les deux prochains catalogues. Dans l’avenir, nous espérons pouvoir augmenter notre production éditoriale, faire appel à un diffuseur/distributeur qui corresponde à notre esprit.

Cherchez-vous des auteur-e-s? Pas dans l’immédiat car nous sommes bookées pour deux ans.

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