« S’ils sont découverts, les homosexuels devraient être arrêtés et conduits aux autorités compétentes », a déclaré dimanche dernier le Premier ministre kenyan, Raila Odinga, lors d’un meeting dans sa circonscription électorale, dans le bidonville Kibera, à Nairobi.

Selon le site du quotidien kenyan Daily Nation, Raila Odinga a enflammé la foule en affirmant que le recensement récemment effectué montre qu’il y a plus de femmes que d’hommes et que les relations de même sexe seraient donc inutiles.

« La Constitution est très claire sur la question et des hommes ou des femmes qui seront découverts en train de s’adonner à l’homosexualité ne seront pas épargnés », a clamé le Premier ministre.

« La communauté gay a très peur que les propos du Premier ministre n’incitent à plus de violence contre les homos visibles », a déclaré David Kuria, le directeur de la Gay and Lesbian Coalition of Kenya, à CNN.

Un porte-parole du Premier ministre, Dennis Onyango, a précisé, toujours à CNN, que les déclarations de Raila Odinga avaient été prononcées au pied levé et ne constituaient pas une consigne d’arrestation de qui que ce soit.

Les relations homosexuelles sont passibles de 14 ans d’emprisonnement. « La loi pénalise les actes sexuels entre personnes de même sexe, ce qui signifie qu’on ne peut être poursuivi-e que pour des actes, expliquait récemment sur Yagg la militante lesbienne kenyane Judith Wangu Ngunjiri. (…) Mais le problème reste la stigmatisation, et le regard social, qui sont renforcés par le fait que cette loi existe. »

« Les personnes au pouvoir ne parlent jamais des questions LGBTI de façon positive en public, soulignait-elle. Les politiques se servent surtout des questions LGBTI dans leurs jeux politiciens. »

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