lgbt-cover-2010-med-NEW_largeÀ la demande du Parlement européen, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) a mis à jour son rapport de 2008 sur l’homophobie, la transphobie et la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les États membres. Le rapport présenté mardi 30 novembre décrit la situation à fin 2009 mais des éléments de 2010 ont été inclus chaque fois que cela a été possible.

D’après ce rapport, si certains pays accroissent la protection des droits des personnes LGBT, d’autres les réduisent ou les négligent, ce qui « crée un paysage disparate dans la protection des droits LGBT en Europe », souligne la FRA.

Ce document met en lumière les trois principaux problèmes auxquels sont confrontées les personnes LGBT en Europe: « Elles sont obligées de vivre dans le silence et l’invisibilité, elles sont victimes de violentes attaques et ne sont pas traitées sur un pied d’égalité dans le monde du travail, du logement ou lors de déplacements au sein de l’Union », a expliqué le président de la FRA, Morten Kjaerum, lors de la conférence de presse de présentation.

Le principal point noir demeure la façon dont sont traité-e-s les trans’ dans l’Union européenne, et le fait que le rapport s’ouvre sur cette question est significatif. Outre le fait que « les personnes transsexuelles et transgenres demeurent un groupe marginalisé et persécuté, confronté à un degré élevé de stigmatisation, d’exclusion et de violence », la reconnaissance légale du genre ressenti est soumise dans tous les États membres à une opinion médicale et 17 pays exigent une stérilisation.

Le rapport remarque que la majorité des pays de l’UE proposent une reconnaissance formelle des couples de même sexe, soit par le mariage, soit par des partenariats enregistrés (comme le pacs), mais trois États membres – la Roumanie, la Bulgarie et l’Estonie – ont modifié leur législation pour réserver explicitement le mariage aux couples hétérosexuels. D’autre part, la plupart des États membres incluent désormais l’orientation sexuelle comme critère de persécution lors des demandes d’asile (mais pas l’identité de genre). L’agence se félicite aussi que des gay prides aient pu se tenir sans encombres dans un certain nombre de pays, tout en notant que les autorités semblent avoir pris l’habitude d’invoquer « l’ordre public » pour interdire les marches. Elle pointe également du doigt la Lituanie, qui pourrait interdire la « promotion » de l’homosexualité.

La FRA invite enfin les États membres à travailler de concert, avec une coordination de leurs actions au niveau de l’Union.

« Ce rapport montre que l’UE est peut-être la région du monde la plus avancée en ce qui concerne la protection légale des personnes LGBT, mais aussi qu’il reste tellement à faire pour atteindre une égalité réelle », a commenté Michael Cashman, co-président de l’Intergroupe sur les droits LGBT du Parlement européen.

De son côté, l’Ilga-Europe appelle les institutions de l’UE et les États membres à suivre les conseils de la FRA en mettant en place une stratégie pour combattre l’homophobie, la transphobie et la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. L’organisation insiste notamment sur la nécessité d’adopter une nouvelle directive européenne interdisant les discriminations liées à l’âge, le handicap, la religion, les croyances et l’orientation sexuelle dans les domaines de l’accès aux biens et service, de la santé et de l’éducation.

« Le rapport montre une fois de plus que la route est longue pour obtenir une égalité réelle pour les personnes trans’, remarque TransGender Europe. Mais sans données comparatives il sera encore plus difficile de trouver des solutions holistiques pour améliorer les conditions de vie des personnes trans’ de façon durable. »

Télécharger le rapport (en anglais)

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Soutenez votre média LGBT indépendant sur le mur de Yagg!