Le 29 octobre, Clare Dimyon, une militante lesbienne de Brighton, a reçu le grade de MBE (membre de l’ordre de l’Empire Britannique) à Buckingham Palace pour pour son travail visant à promouvoir les droits des personnes LGBT en Europe centrale et en Europe de l’Est (lire Une militante lesbienne honorée à Buckingham Palace). C’est accompagnée de trois lesbiennes de générations et pays différents – Grande-Bretagne, Pologne et Hongrie – qu’elle s’est rendue à la cérémonie. Pour Yagg, Gaby Charing, l’une de trois accompagnantes, revient sur cet événement, ce qu’il signifiait pour elle et ce que cela signifie pour l’avenir.

« LE JOUR OÙ CLARE DIMYON ÉTÉ DÉCORÉE PAR LE PRINCE DE GALLES », PAR GABY CHARING
Je suis lesbienne, j’ai 66 ans, et je n’aurais jamais pensé entendre le mot « lesbienne » utilisé et approuvé par le plus haut membre de la Cour royale, à l’occasion d’une grande cérémonie à Buckingham Palace. C’est pourtant ce qu’il s’est passé quand ma très chère amie Clare Dimyon a été « décorée » par le prince de Galles, un honneur reconnaissant ses « services rendus pour la promotion des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres en Europe centrale et en Europe de l’Est ». Et personne ne s’est évanoui, personne n’a fait de crise cardiaque – pas même le Lord Chamberlain, à qui la lecture de la citation incombait.

Un long voyage nous a conduits à cette apogée. Vous connaissez l’Histoire avec un grand H – Stonewall, le mouvement de libération gay, et le reste – mais notre voyage personnel commence tôt le vendredi matin, dans un taxi (un vrai taxi londonien, on ne regarde pas à la dépense) qui nous transporte de ma maison de banlieue à la plus célèbre adresse de Londres. « Taxi! Conduisez-nous à Buckingham Palace, entrée sud ». Nous sommes quatre: Clare, et pour l’accompagner, trois lesbiennes de différentes générations et nationalités: anglaise, polonaise et hongroise (Ágnes, une étudiante de 24 ans, originaire de Budapest). Nous avons toutes revêtu nos plus beaux habits. J’ai mis le manteau que je portais pour ma cérémonie d’union civile en décembre 2005.

Au Palais, de souriants et amicaux bobbies anglais nous font rapidement passer les barrières, devant des grappes de touristes bouche bée, et nous indiquent où aller. Je repère quelques hommes du régiment d’élite des Scots Guards – ils changent la garde spécialement pour nous! Une fois le contrôle de sécurité passé, nous entrons dans le bâtiment lui-même. En vérité, Buck House (comme nous, Londoniens, aimons à l’appeler) n’est pas une œuvre architecturale majeure, et les toilettes (notre premier arrêt, naturellement) sont grandioses mais tout à fait désuètes: est-ce le genre de chose que la Reine utilise tous les jours?