Le Centre LGBT Paris IdF qualifie de « scandaleux et particulièrement préoccupant » le retrait de la référence à l’orientation sexuelle » dans la résolution des Nations unies condamnant les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires.

Comme nous l’écrivions hier, la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté un amendement remplaçant la phrase « la discrimination, notamment fondée sur les préférences sexuelles » par « la discrimination, quel qu’en soit le fondement », alors que depuis 10 ans, l’orientation sexuelle était explicitement mentionnée. Comme l’ont rappelé la Finlande, la France et la Suisse, de nombreuses personnes continuent d’être victimes de meurtres et de violences en raison de leur orientation sexuelle.

« AMENDEMENT HONTEUX »
« Cet amendement honteux s’inscrit dans la stratégie que mènent les pays les plus homophobes dans les instances internationales, a déclaré Louis-Georges Tin (à droite sur la photo), joint par Yagg. En 2008, déjà, tandis que nous portions une déclaration pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité, l’Égypte portait une contre-déclaration assimilant l’homosexualité à la pédophilie. Rama Yade, puis M. Kouchner avaient soutenu nos actions énergiquement: nous espérons que Mme Alliot-Marie, la nouvelle ministre des Affaires étrangères, aura à cœur, elle aussi, de soutenir les campagnes que nous menons dans le cadre des Nations unies. »

Christine Le Doaré (à gauche sur la photo), présidente du Centre LGBT Paris IdF, prend l’exemple de l’Ouganda, où « la loi anti-gay qui menace d’emprisonnement à vie et de mort les gays et les lesbiennes peut être adoptée d’un jour à l’autre. La loi anti-gay oblige la population à la délation et conduira inévitablement à un véritable génocide. Elle sera immédiatement adoptée dans les pays voisins qui n’attendent que ce signal. Les évangélistes américains ont bien travaillé, ne parvenant à leurs fins dans leur propre pays, ils ont fait de l’Afrique un laboratoire de haine à l’encontre des homosexuels et des lesbiennes, encouragés par un gouvernement indigent incapable de régler ses difficultés économiques et sociales et qui a tout à gagner à occuper sa population avec des boucs émissaires ».

LES GAYS, LES LESBIENNES ET LES FEMMES, PRINCIPALES VICTIMES DES INTÉGRISMES RELIGIEUX
« Les intégrismes religieux gagnent considérablement du terrain, en Afrique, dans les pays arabes mais également en Europe et en particulier en France où les principes de laïcité indispensables à l’égalité entre les sexes notamment, sont déjà amplement bafoués dans nombre de circonstances et organismes publics, poursuit Christine Le Doaré. Les gays et les lesbiennes mais également les femmes en sont les principales victimes. »

« Si l’ONU même ne fait plus référence à l’orientation sexuelle et ouvre ainsi la voie à l’assassinat massif des gays et des lesbiennes dans nombre de pays, la situation est désormais particulièrement alarmante et les solutions pour y remédier seront de plus en plus difficiles à mettre en œuvre. Nous en appelons à un réveil laïc des institutions françaises, européennes et mondiales. Il est temps d’agir vite et fort et de tenter de renverser cette situation avant qu’il ne soit trop tard! ».

Photo Christine Le Doaré et Louis-Georges Tin lors d’un débat sur les exactions commises à l’encontre des personnes LGBT au nom des religions, Centre LGBT Paris IdF, mai 2010.

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