Sur un plateau presque nu, des hommes et des femmes la soixantaine bien tapée, membres d’un cabaret qui joue ici sa dernière valse avant fermeture, font face au public et demandent à ce dernier de se lever pour respecter une minute de silence en hommage aux amis disparus. Le public obtempère. Le silence se fait. Intense. La salle est en communion.

C’est ainsi que commence Gardenia, mis en scène par Alain Platel et Frank Van Laecke et qui se joue au Théâtre National de Chaillot jusqu’au 27 novembre. Un spectacle créé sur une idée de Vanessa Van Durme (photo), comédienne trans’ épatante, sorte de MC de ce cabaret imaginaire, et qui a réuni ses anciens amis trans’ et travestis qui avaient raccroché la perruque depuis belle lurette.

FANTÔMES DU CABARET
Gardenia
et sa bande-son formidable qui emprunte au répertoire populaire (d’Aznavour à Claude François en passant par Dalida) est traversé par les fantômes du cabaret, les voix de Liza, Judy, Marlene s’entremêlent, les époques s’entrechoquent, provoquant des flashes d’émotion, comme dans un rêve éveillé.

Si vous aimez les divas, le mélo, les destins tragiques, les répliques cinglantes, la poésie éternelle d’une robe à paillettes qui scintille dans un rond de lumière, Gardenia est pour vous. À l’image de cette séquence hallucinante sur fond de Boléro de Ravel in-extenso, où la troupe s’habille, se déshabille, se maquille, parade, tout en exécutant une chorégraphie quasi-mécanique qui ne veut pas s’arrêter. S’arrêter, c’est mourir. The show must go on.

Gardenia, mis en scène d’Alain Platel et Frank Van Laecke, sur une idée de Vanessa Van Durme, au Théâtre National de Chaillot, 1, place du Trocadéro, 75116 Paris. Infos et réservations au 01 53 65 30 00 et sur www.theatre-chaillot.fr

Photo Luk Monsaert

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