C’est en toute discrétion que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a mis en ligne, le 4 novembre dernier, le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014. On pouvait envisager mieux pour un document de 266 pages, qui doit guider la politique publique française de lutte contre le sida dans les années à venir. Était-ce de la part de la ministre une façon de ne pas mettre en lumière tout ce qui, dans ce plan élaboré avec les acteurs de terrain, entre en contradiction avec la politique actuelle du gouvernement (sur la santé des étrangers, celle des détenus ou encore sur les salles de consommation pour les toxicomanes, entre autres)?

Si ce plan est sorti dans une quasi indifférence des médias, c’est aussi en partie parce que l’essentiel de son contenu avait été dévoilé dans Libération quelques semaines plus tôt.

En juin dernier, une première version du Plan avait été très critiquée par le Conseil national du Sida (CNS) associé à la Conférence nationale de santé.

C’est donc une nouvelle version, remaniée, que le ministère vient de rendre publique. Les mesures préconisées par le CNS sur le dépistage sont prises en compte.

En page 2, nous publions l’intégralité des mesures et des actions envisagées par le Plan auprès des LGBT.

LE CNS ÉMET DES RÉSERVES…
Pourtant le CNS, dans un deuxième avis diffusé fin octobre, reste critique et note que «les avancées envisagées notamment en faveur des migrants, des usagers de drogues et des personnes prostituées apparaissent extrêmement mineures».

…ET ACT UP-PARIS RÉCLAME LA DÉMISSION DE ROSELYNE BACHELOT
Dans un communiqué de presse diffusé le mardi 9 novembre, Act Up-Paris a réagi très durement , exigeant la démission de Roselyne Bachelot. « Le plan national de lutte contre le VIH/sida […] a deux ans de retard. Sa seule véritable avancée, du moins sur le papier, est l’extension de l’offre de dépistage. Il s’agit là de recommandations du Conseil National du Sida qui datent de plus de quatre ans. Et aucune garantie n’est donnée sur le financement de cette mesure, qui aura par ailleurs du mal à avoir le moindre effet sur des populations entières, victimes du harcèlement de l’UMP et de la ministre de la Santé. À quoi bon aller se faire dépister quand votre priorité est d’échapper aux flics, de trouver un toit, de trouver de quoi vivre, ou quand on vous a convaincuE que votre santé coûtait trop cher? »

Act Up-Paris reproche entre autres à Roselyne Bachelot, qualifiée de « ministre la plus catastrophique qu’ait connue la lutte contre le sida », de ne pas s’être opposée à l’amendement Mariani qui restreint l’accès à l’Aide médicale d’État pour les étrangers.

Du côté des autres associations, c’est service minimum. Une brève sur les sites de Sida Info Service et d’Actions Traitements, Aides ne traitant même pas du sujet. Le Plan insiste justement sur la mobilisation communautaire pour faire avancer la lutte contre le sida chez les LGBT. Ca commence mal…

Aller à la page suivante pour lire l’intégralité des mesures en direction des LGBT.