Lorsque nous avons lancé notre appel pour aider Yagg, Louis-Georges Tin s’est spontanément proposé pour écrire un message de soutien. Nous tenons à le remercier chaleureusement, ainsi que toutes celles et tous ceux qui se sont montré-e-s solidaires dans ce moment difficile.

« Pour Yagg », par Louis-Georges Tin
L’histoire avance. Pour les transpédégouines, comme on dit aujourd’hui, il y a depuis trente ans des progrès incontestables. Trop peu, c’est vrai. L’égalité réelle est encore loin. Mais les progrès sont indéniables – on partait de si loin… Or à qui doit-on ces avancées?

Aux hommes et aux femmes politiques? C’est possible. Mais souvent, ils n’avancent que sous la pression, et encore…

Aux associations? Certainement, car c’est elles qui mettent la pression. Qui gueulent. Qui poussent. Qui bousculent.

Mais est-ce tout? Dans ce processus fragile et contingent qu’est l’histoire, on oublie souvent le rôle pourtant évident et croissant des médias. En particulier pour ce qui est de l’histoire LGBT.

Les personnes LGBT qui sont souvent les sans-voix, condamnées au silence, ont conquis par la presse leurs lettres de noblesse. Et par la presse, elles ont conquis d’abord droit de cité.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si de nombreux militants éminents ont souhaité s’engager aussi dans la presse, ce qui était clairement une manière de continuer la lutte, par d’autres moyens. André Baudry fonda en son temps Arcadie, l’association, mais aussi Arcadie, la revue. Jean Le Bitoux, que nous regrettons tous, s’est engagé dans le mouvement homo, puis a été l’un des fondateurs de Gai Pied. Catherine Gonnard, activiste d’importance, a prolongé son travail militant à travers Lesbia magazine, et Christophe Martet, ancien président d’Act Up, a travaillé pour Têtu, avant de lancer Yagg.

C’est à tous ceux-là, que je veux rendre hommage aujourd’hui. Et en particulier à Yagg. De nombreux médias LGBT ont été ébranlés par la crise. Plusieurs ont déjà fermé, d’autres, comme Yagg, sont en difficulté financière. Pour ma part, je tiens à apporter tout mon soutien à Yagg, et je souhaite que de nombreux lecteurs répondent généreusement à votre appel.

Vous avez été, et vous êtes encore au plus près de nos combats. Un exemple, parmi tant d’autres. Je me souviens de ces journées difficiles, quand je me trouvais en Russie avec Nikolai Alekseev, qui organisait la Moscow Pride. Cette année encore, en 2010, vous étiez avec nous, en direct, heure après heure, pour diffuser les informations, chose cruciale. Nous étions dans la crainte, espionnés par les autorités russes, qui n’avaient pas hésité par le passé à faire usage de la force. Vous étiez en contact avec nous, vous étiez prêts à alerter la France et le monde entier, en cas de pépin. Nous étions tendus. Mais nous étions soutenus. Je ne saurais dire au public qui vous lit l’importance de votre présence en ces instants difficiles. Nous avions besoin de vous, à ce moment-là. Vous étiez là pour nous.

Aujourd’hui, nous sommes là pour vous. Et nous voulons vous apporter une aide, si modeste soit-elle. Je voudrais que le public qui soutient les associations sache à quel point les associations ont elles-mêmes besoin de médias comme Yagg. Votre rôle est essentiel dans le combat pour la liberté et pour l’égalité. Le Comité Idaho que je préside ne peut que vous remercier de votre travail au quotidien, et appelle toutes et tous à soutenir Yagg. Aider Yagg, c’est nous aider nous-mêmes. Tout simplement.

Louis-Georges Tin, président du Comité Idaho

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