C’est, semble-t-il, une première. C’est en tout cas un moment historique pour la communauté LGBT britannique, et pour Clare Dimyon en particulier.

Le 29 octobre dernier, le Prince Charles a décoré Clare Dimyon, une militante lesbienne, professeure et Quaker de 45 ans, d’un MBE (Membre de l’Empire britannique) pour son travail visant à promouvoir les droits des personnes LGBT en Europe centrale et en Europe de l’Est.

UNE PREMIÈRE
« C’est sans doute la première fois qu’une distinction de ce genre mentionne explicitement les mots « lesbienne », « gay », « bisexuel » et « transgenre », individuellement ou séparément », insiste un communiqué de Pride, l’association de Clare Dimyon, qui indique également que Clare a participé à sa première gay pride en 1985, à Londres, il y a 25 ans.

C’est elle qui en 2008 avait convaincu les ambassades britanniques à travers l’Europe de hisser le drapeau arc-en-ciel pour attirer l’attention sur les manquements des ex-républiques soviétiques en matière de respect de droits LGBT. C’est ainsi grâce à elle qu’un rainbow flag a flotté devant l’ambassade de Grande-Bretagne le jour de la gay pride de Riga.

L’an dernier, elle a décidé de faire le tour de l’Europe avec son drapeau arc-en-ciel pour aller à la rencontre des associations LGBT d’Europe centrale et orientale. « L’importance des gay prides d’Europe centrale et orientale va au-delà de la lutte pour les droits humains des personnes LGBT, expliquait-elle en juin 2010, lorsque les photos qu’elle a rapportées de ce PRIDE Solidarity Tour ont été exposées à Londres. Elles servent aussi d’entrainement à la démocratie, dans des pays privés de processus démocratiques pendant près d’un demi-siècle. »

« MÈRE DE LA PRIDE SLOVAQUE »
« Les Slovaques ont la gentillesse de me surnommer « Mère de la Pride slovaque », souligne Clare, mais il serait plus juste de dire que je suis la « tante délinquante » de la Pride en Europe centrale et orientale. Ils font tout le travail et prennent tous les risques, je me contente de venir agiter des drapeaux et être présente. »

« Il manque aux personnes LGBT cette transmission de la culture entre parents et enfants et cela rend les jeunes LGBT terriblement vulnérables à une période de leur vie où ils tentent non seulement de comprendre la complexité de leur propre identité mais aussi parfois la perplexité ou l’hostilité de parents et membres de la famille qui manquent eux-mêmes de soutien et d’information. C’est un vrai privilège de leur apporter la culture LGBT et j’ai le sentiment que cela a un peu un rôle de « vaccin » contre l’homophobie à laquelle ils seront sans doute confrontés. »

Si son engagement est on ne peut plus sérieux, Clare a sa façon à elle de l’honorer. Comme le montre la photo ci-dessus, elle s’est donc rendue à la cérémonie à Buckingham Palace vêtue d’un costume hongrois aux couleurs de la Lettonie, d’un brassard du festival slovaque du film LGBT, d’un t-shirt estonien sur lequel on peut lire « Les lesbiennes aiment la Lituanie », d’un foulard arc-en-ciel offert par l’association LGBT polonaise KPH et d’un bracelet de l’amitié noué tout au long du PRIDE Solidarity Tour, c’est-à-dire en Hongrie, Lettonie, Slovaquie, Estonie, Pologne, Moldavie, Ukraine, Macédoine, Serbie, République tchèque, Bulgarie et Roumanie.

TROIS GÉNÉRATIONS DE LESBIENNES
Elle était accompagnée de trois lesbiennes représentant trois générations et venues de Grande-Bretagne (la juriste Gaby Charing, fidèle lectrice de Yagg), de Pologne et de Hongrie. « Nous cherchons encore le couple d’Espagnols qui nous ont mis leurs mains devant les yeux pour nous montrer leurs alliances tout en nous tendant un appareil photo, raconte Clare. Mon équipe a manqué la photo, nous espérons les retrouver. Ils sont repartis avec un souvenir absolument unique de Buckingham Palace. Je les imagine racontant cela à leurs amis! C’est à mourir de rire! ».

Photo PRIDE Solidarity

Via Gscene et Pink News

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