C’est un mail ému de la Coordination lesbienne en France (CLF) qui nous l’apprend: Michèle Causse, essayiste et dramaturge lesbienne féministe, a décidé de « dé/naître » hier, jeudi 29 juillet 2010, le jour de son anniversaire, auprès de l’association suisse d’aide au suicide Dignitas.

« Ses textes, au style très élaboré, prônent en même temps qu’ils cherchent à opérer une subversion du langage tel que nous le connaissons, qu’elle qualifie d’androlecte (langage prétendument universel mais en fait fabriqué par et pour les hommes) et qu’elle présente (…) comme le vecteur majeur de l’oppression féminine », écrivait Lucille Cairns en 2003 dans Le Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes.

Il y a quelques mois, le blog Les Toiles roses publiait un texte de Michèle Causse écrit en 1996 et relu en 2008 dans lequel elle expliquait pourquoi les gays ne peuvent pas être les alliés objectifs des lesbiennes. En voici la conclusion (à ne pas prendre comme une excuse pour ne pas aller lire le texte complet): « L’association des gays et des lesbiennes ne saurait avoir lieu sans une critique radicale de la phallogocratie et des privilèges qu’elle confère aux mâles dans leur ensemble. C’est aux gays que revient le devoir de se désolidariser de leur classe de sexe, de refuser l’intégration-assimilation aux hétéros et de mener une vraie politique contre le déterminisme génétique dissimulant le fait que l’hétérosexualité est un régime de pouvoir. C’est à eux de reconnaître que, dans la lutte, la véritable force révolutionnaire est celle des lesbiennes, auxquelles la première place doit être cédée de toute urgence. Faute de quoi les mouvements LGBT ne seront que l’un des avatars de la mixité revue et corrigée au bénéfice des seuls hommes. Pour le moment, l’égalité des lesbiennes et des gays est aussi oxymorique que celle des femmes et des hommes. »

Photo Anonymousette/Wikipedia

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