L’Ecosoc (le Conseil économique et social des Nations Unies) a voté hier, lundi 19 juillet, en faveur d’une résolution pour accorder un statut consultatif à l’ONG IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission). Cette résolution est passée avec 23 voix pour, 13 contre, 13 abstentions et 5 absences. « Une victoire contre le silence homophobe de la société civile », selon cette ONG.

« Cette décision est la confirmation que les voix des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres ont une place aux Nations Unies, s’est réjouit hier Cary Alan Johnson, directeur de l’IGLHRC. Le message est clair, ces voix ne doivent pas rester silencieuses et les droits humains basés sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne peuvent pas être niés ».

VICTOIRE SIGNIFICATIVE
Cette victoire est particulièrement significative puisqu’elle arrive après trois longues années de processus de candidature. En effet, malgré une totale conformité avec toutes les procédures et toutes les exigences requises pour la candidature, l’IGLHRC a dû faire face à des remises en question homophobes et à plusieurs procédures de blocage de la part du Comité des ONG des Nations Unies, qui décide quelles organisations non-gouvernementales peuvent être accréditées aux Nations Unies.

Le mois dernier, encore, le Comité des ONG de l’ONU décidait une nouvelle fois de bloquer la candidature de l’IGLHRC. Ce Comité des ONG est composé de 19 pays-membres, et l’Égypte, le Soudan, le Qatar, le Pakistan, la Chine, la Russie, l’Angola et le Burundi avaient alors voté contre cette candidature. Malgré ce vote du Comité, les États-Unis et quelques pays européens, notamment la France, promettaient alors de forcer cette accréditation de l’IGLHRC auprès de l’Ecosoc lui-même. Une stratégie qui, hier, s’est avérée payante.

Dans un communiqué, l’IGLHRC remercie le gouvernement américain qui s’est particulièrement employé à soutenir sa candidature auprès de l’Ecosoc. L’ambassadrice Susan Rice, représentante permanente des États-Unis à l’ONU, a publiquement soutenu cette candidature de l’IGLHRC. De plus, quatorze membres-représentants de la Maison Blanche et quatre sénateurs américains ont envoyé une lettre à tous les États-membres de l’ONU pour soutenir cette candidature. Parmi eux, le sénateur John Kerry, directeur du Comité du Sénat sur les Relations Internationales.

De plus, en soutien à cette candidature, un groupe rassemblant plus de 200 ONG de 59 pays différents avait envoyé une lettre à tous les États-membres des Nations Unies pour demander un traitement juste et non-discriminatoire et un soutien aux objectifs de l’IGLHRC d’amplifier les voix LGBT dans l’arène internationale.