À Vienne, l’interview que la ministre de la Santé a accordée à Libération a fait réagir les associations présentes et elles sont déçues.

« Un pas en avant, trois pas en arrière, estime Christian Andreo, de Aides. Nous attendions des annonces claires sur la réduction des risques et sur le dépistage généralisé. Nous avons droit à des annonces floues, à un renvoi à la concertation avec d’autres ministères et elle repousse aux calendes grecques la mise en place de l’échange des seringues en prison, des salle de consommation dans le domaine de la réduction des risques chez les usagers de drogue. Sur les centres de dépistage hors les murs, elle indique qu’ils seront ouverts aux associations. Mais si c’est pour servir le café, ce n’est pas la peine! Nous voulons pouvoir pratiquer le dépistage, pas servir le café! ».

« LA MINISTRE NE SAIT PAS CE QU’ELLE VEUT FAIRE »
Pour Marc Dixneuf, directeur des programmes associatifs France de Sidaction, la tergiversation arrange la ministre de la Santé: « Le constat c’est qu’on a l’impression qu’elle découvre les politiques de santé publique. La ministre ne sait pas ce qu’elle veut faire, mais ça l’arrange d’être dans ce gouvernement où elle tergiverse et elle ne prend pas de décision franche. L’ensemble des politiques publiques vont contre les politiques de santé, auprès des usagers de drogue et des travailleurs du sexe. L’ensemble du gouvernement a une politique qui va à l’encontre de la lutte contre le sida ».

« ON RESTE SUR NOS INQUIÉTUDES »

Jean-Luc Romero, président du Crips, ne cache pas sa déception: « C’est une immense déception. On attendait Mme Bachelot sur un plan ambitieux pour 2010-2014, on apprend au mieux qu’en septembre, on aura un plan qui aura fait totalement l’impasse sur l’année 2010. Aujourd’hui, en France, 40 à 50000 personnes ne connaissent pas leur statut sérologique. Il est urgent de lancer un grand plan de dépistage systématique et généralisé. Comme il est aussi urgent de donner un nouvel élan à la politique de réduction des risques en créant des salles d’injection, en distribuant des seringues en prison. Avec ces premières déclarations, on reste sur notre faim et surtout, sur nos inquiétudes ».

Suivez l’actualité de la conférence sur le sida de Vienne sur Yagg, en partenariat avec Libération.fr et VIH.org.

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